« Je n’aurais pas écrit tous mes livres si je n’avais pas eu des éditeurs réceptifs, des éditeurs qui avaient leurs propres réseaux, qui travaillent selon une philosophie que je partage et selon laquelle tout ce qui est petit est beau. Dans les systèmes auto-organisés, tout ce qui est petit est synonyme de grandeur : grandeur d’âme, de cœur… Grandeur aussi car on peut étendre les possibilités de l’humanité et de la terre à une époque où l’économie dominante aimerait réduire ces possibilités. »
« Si vous n’aviez pas des profils si divers et si vous ne publiiez pas la diversité d’idées nécessaire à l’époque dans laquelle on vit, non seulement vous ne disposeriez pas, en tant que réseau d’éditeurs, de la résilience et de l’assise requises, mais vous ne seriez pas non plus en mesure d’offrir cette incroyable vigueur à la société dans laquelle nous vivons. »
« Plus que jamais, l’avenir du livre dans sa diversité et la promotion des voix minoritaires voire alternatives reposent sur les épaules des éditrices et éditeurs indépendant·es qui, par sens d’engagement et conviction, par attachement aux causes tranchant avec le seul diktat du capitalisme, font vivre l’essence culturelle des livres. »
« Mon troisième roman, Munyal ; les larmes de la patience, est désormais présent dans bien des pays francophones d’Afrique à la faveur de la collection “Terres solidaires” de l’Alliance. Bien des autrices et auteurs africains figurent dans cette liste, mais ma fierté est surtout d’avoir accédé à ces reconnaissances à partir de l’Afrique subsaharienne où je réside et écris. Voilà qui participe véritablement à l’esprit de la diversité cher à l’Alliance et qui représente des valeurs que nous autres écrivains, écrivaines, éditrices et éditeurs devrons défendre et promouvoir. L’Alliance joue dans ce sens un rôle primordial qui, autant que faire se peut, pallie en partie la problématique de diffusion des livres en Afrique subsaharienne et particulièrement dans les pays francophones. »
Le glossaire de l’édition indépendante est une construction collective menée par des éditrices et éditeurs du réseau hispanophone de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants.
Il donne à voir les significations et définitions des mots couramment utilisés dans l’édition. Il s’agit d’un projet évolutif, qui s’enrichira au fil du temps pour d’une part inclure de nouveaux concepts, et d’autre part prendre en compte de nouvelles propositions de définitions. L’idée n’est pas de figer les concepts mais de les ouvrir pour mettre en valeur leurs significations multiples.
Chaque terme est signé par la personne qui a travaillé sur la définition. Le glossaire a été édité par Germán Gacio Baquiola (Corredor Sur Editorial, Équateur / collectif Editores independientes de Ecuador), Teresa Gottlieb, (Editorial Maitri, Chili), Paulo Slachevsky (Lom Ediciones, Chili) et Miguel Villafuerte, (Editorial Blanca, Équateur).
Poursuivre les analyses, réflexions et plaidoyers via les groupes de travail thématiques mis en place lors des Assises de 2014 et mettre en place de nouveaux groupes de travail sur les thèmes et enjeux travaillés pendant les Assises de 2021
Outiller et documenter l’édition indépendante internationale
2/ L’Alliance, espace de collaborations et de mutualisations
Mutualiser les pratiques et les savoir-faire (sur des bases régionales, nationales, voire internationales selon les besoins exprimés) entre éditrices et éditeurs
Se rencontrer et renforcer les flux d’échanges
3/ L’Alliance, outil de promotion de l’édition indépendante et de visibilité des œuvres
Encourager la visibilité et la promotion de l’édition indépendante
Favoriser la circulation des œuvres et les productions des maisons d’édition indépendantes
4/ L’Alliance, laboratoire de pratiques éditoriales alternatives
Réuni.es dans la ville de Pampelune-Iruñea du 23 au 26 novembre 2021 lors des quatrièmes Assises internationales de l’édition indépendante, organisées en partenariat avec EDITARGI (Association des éditeurs indépendants de Navarre), nous, éditrices et éditeurs de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, réaffirmons notre engagement envers :
• le caractère culturel, social et politique du livre et de la lecture ;
• la démocratisation du livre dans nos sociétés ;
• la lecture comme pratique émancipatrice qui forge l’esprit critique de citoyen.nes, acteur.rices au sein de leur société.
Lire la Déclaration dans son intégralité ici :
Cette déclaration s’inscrit dans la continuité des réflexions et travaux de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, notamment des Déclarations de 2003, 2007 et 2014 et les 80 recommandations en faveur de la bibliodiversité. Elle sera complétée par un Guide des bonnes pratiques (travail collectif en cours, pour publication au premier semestre 2022).
L’Alliance internationale de l’édition indépendante est un collectif professionnel qui réunit plus de 980 maisons d’édition indépendantes présentes dans 60 pays dans le monde. Créée sous forme d’association en 2002, elle s’articule en 6 réseaux linguistiques (anglophone, arabophone, francophone, hispanophone, lusophone et persanophone) et en groupes thématiques. Les membres de l’Alliance sont des maisons d’édition et des collectifs d’éditeur·rices nationaux.
L’ensemble des activités de l’Alliance tendent à promouvoir et à faire vivre la bibliodiversité (la diversité culturelle appliquée au monde du livre).
Dans le cadre de ses missions, l’Alliance a ainsi créé un Observatoire de la bibliodiversité, qui rassemble les recherches, analyses et outils produits au sein de l’Alliance, à destination des professionnel·les et des pouvoirs publics. L’Observatoire a pour objectifs d’évaluer et de renforcer la bibliodiversité dans les différentes régions du monde.
Par ailleurs, l’Alliance organise et anime des rencontres professionnelles internationales et des ateliers thématiques (par exemple sur l’édition jeunesse, sur le numérique…) permettant aux éditeur·rices indépendant·es de différents continents d’échanger et d’initier des collaborations. Ces rencontres favorisent le renforcement des capacités par l’échange entre pairs, dimension développée notamment autour de l’édition numérique dans le cadre du Labo numérique.
L’Alliance soutient également des projets éditoriaux internationaux (coéditions solidaires, traductions, cessions de droits…), pour une plus grande circulation des textes et un accès aux livres le plus équitable possible pour les lecteur·rices.
En 2022, l’Alliance a lancé une initiative inédite : la première édition de Babelica, le salon international de l’édition indépendante, qui se déroule une fois par an en ligne, le 21 septembre (Journée internationale de la bibliodiversité).
Soutenir la mise en place de politiques du livre nationales, régionales et internationales
Création de l’Observatoire de la bibliodiversité : réalisation de cartographies des politiques nationales du livre en Amérique latine, dans le monde arabe, en Afrique de l’Ouest… et d’un outil de mesure de la bibliodiversité
Réaffirmer et défendre la liberté et l’équité d’expression
Réalisation d’une typologie des censures ; rédaction de plaidoyers en soutien et solidarité aux éditeurs
Renforcer les espaces collaboratifs et innover pour répondre aux transformations et enjeux de demain
Labo numérique, ateliers, échanges d’expériences et mutualisation d’outils (sur le numérique, sur les partenariats éditoriaux solidaires, sur l’édition en langues nationales et locales…)
Renforcement des échanges avec l’interprofession (auteurs, libraires, bibliothécaires, diffuseurs-distributeurs, acteurs numériques, etc.) : rencontres interprofessionnelles, actions de lobbying communes
Participer à un rééquilibrage des échanges entre pays exportateurs et pays destinataires de livres
Modernisation des pratiques de dons de livres : Charte du don de livres revisitée par les professionnels du Sud
Présence dans les foires et salons du livre (stands collectifs autant dans des salons du livre au Sud qu’au Nord), promotion des ouvrages du Sud au Nord
Développer et renforcer les échanges interculturels
Développement et accompagnement de projets de coéditions / traductions : partenariats éditoriaux Nord-Sud et Sud-Sud porteurs du label « Le livre équitable », recherches de modèles économiques solidaires (économie sociale et solidaire)
Les orientations 2015-2018 de l’Alliance ont été définies collectivement par les éditeurs lors des Assises internationales de l’édition indépendante (2012-2014). De chacune de ces orientations, découlent des projets et des activités mis en œuvre par l’Alliance sur la période 2015-2018.
L’environnement socio-économique, l’approche historique et le contexte politique sont autant de facteurs à prendre en compte pour appréhender dans sa complexité et ses différentes réalités, la notion d’éditeur indépendant. Les éditeurs indépendants au Chili, en France, au Bénin, au Liban ou en Inde, exercent dans un contexte spécifique, ayant des conséquences directes sur leur activité. Cependant, si les réalités diffèrent d’un pays à un autre, il est possible de s’accorder sur un certain nombre de critères pour définir ce qu’est un éditeur indépendant. L’éditeur indépendant conçoit ainsi sa politique éditoriale en toute liberté, de façon autonome et souveraine. Il n’est pas l’organe d’expression d’un parti politique, d’une religion, d’une institution, d’un groupe de communication, ou d’une entreprise. La structure du capital de l’éditeur et l’identité de ses actionnaires informent aussi sur son indépendance : le rachat de maisons d’édition par des grandes entreprises sans aucun lien avec le métier d’éditeur et la mise en place d’une politique de rentabilité élevée impliquent bien souvent une perte d’indépendance et un remaniement de la ligne éditoriale. L’éditeur indépendant, tel que défini par les éditeurs de l’Alliance, est un éditeur de création : à travers ses choix éditoriaux souvent innovants, sa liberté d’expression, ses prises de risque éditoriales et financières, il participe au débat d’idées, à l’émancipation et au développement de l’esprit critique des lecteurs. En cela, il est un acteur majeur de la bibliodiversité.
En 2014, lors de la rencontre de clôture des Assises internationales de l’édition indépendante (Le Cap, Afrique du Sud), 400 éditeurs indépendants de 45 pays ont signé la Déclaration internationale des éditeurs et éditrices indépendants 2014. Rédigée collectivement en trois langues de travail le 20 septembre 2014 au Cap, la Déclaration 2014 est disponible en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, portugais, arabe, farsi, italien...).
Lire ici les 80 recommandations & outils (sur le numérique, les politiques publiques du livre, la littérature jeunesse, l’édition en langue nationale et locale, les partenariats éditoriaux solidaires et le « Livre équitable » et le don de livres) issus des Assises internationales de l’édition indépendante.
En octobre 2024, les membres de l’Alliance ont décidé de créer un espace de solidarité avec les professionnel·les du livre en Palestine, afin que les voix palestiniennes soient entendues, que la littérature palestinienne soit mise en valeur et que les acteur·rices du livre en Palestine puissent y être représenté·es.
Cet espace n’est pas figé et se concrétise de différentes manières. En 2026, l’Alliance propose un catalogue de titres sur la Palestine (titres édités par des maisons d’édition palestiniennes et/ou au sujet de la Palestine). Ce catalogue se nourrit des titres proposés et recommandés par des membres de l’Alliance. L’objectif premier de ce catalogue est de favoriser les projets de cessions de droits, de coéditions et de traductions des titres édités en Palestine ou sur la Palestine. Il sera régulièrement alimenté et actualisé.
En juin 2025, des éditeur·rices arabophones (dont des éditeurs palestiniens) et francophones réuni·es à Tunis dans le cadre de rencontres organisées par l’Alliance ont présenté des titres de leur catalogue sur la Palestine, dans l’optique d’échanges de droits (cessions de droits, coéditions, traductions).
Droit de lire, de résister, d’espérer La jeune génération prend la parole
Initiées par l’Alliance internationale de l’édition indépendante, les Assises de Fès sont orchestrées avec les éditions En toutes lettres au Maroc, qui ont porté la candidature de Fès pour accueillir ce prochain grand événement.
Fils rouges des Assises 2027 de l’Alliance Renforcer et promouvoir les valeurs de l’Alliance
En 2021, alors que le monde entier vivait au rythme de l’épidémie de Covid, se préparaient les Assises 2021 de Pampelune, autour d’un mot clé : REpenser. Comment se construirait l’édition indépendante « d’après » ? Quelle serait la responsabilité des éditeur·rices indépendant·es dans les transitions et transformations de demain ? Comment (ré)affirmer le rôle de la bibliodiversité dans la construction de sociétés plus émancipées, plus libres, plus justes ? La Déclaration issue des Assises de Pampelune traduisait (et traduit encore) la volonté collective des éditeur·rices indépendant·es d’œuvrer « Pour une édition indépendante décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire » rappelant leur engagement pour le caractère culturel, social et politique du livre et de la lecture ; la démocratisation du livre dans les sociétés ; la lecture comme pratique émancipatrice qui forge l’esprit critique de citoyen·nes, acteur·rices au sein de leur société.
Suite aux Assises 2021, sont nés un Guide des bonnes pratiques, des groupes de travail thématiques au sein de l’Observatoire de la bibliodiversité, le salon Babelica dédiée à l’édition indépendante à l’échelle internationale, des projets de traductions et de coéditions, des cartographies, des analyses, des ateliers, des rencontres... En parallèle, le réseau de l’Alliance a grandi et accueilli de nouvelles maisons d’édition (notamment en Asie et dans le monde arabe). Il s’en passe des choses en 6 ans.
Les Assises poursuivront ainsi les travaux et réflexions qui sont au cœur du réseau de l’Alliance autour des enjeux (écologie du livre, politiques publiques du livre, liberté d’éditer, éditions solidaires, numérique/IA…) et des engagements portés par les éditeur·rices indépendant·es.
• La passion aux dépens de la santé (mentale, financière, physique…) ?
• Quel livre pour quel lecteur/quelle lectrice ?
• Les dons de livres, où en est-on ?
• Quelles alternatives pour faire face au piratage industriel ?
• Quelles usages et pratiques de l’IA pour l’édition indépendante ? Quelles alternatives « éthiques » possibles ?
• Quelles sont les bonnes pratiques écologiques pour les maisons d’édition indépendant·es ?
• Quelles traductions des langues dites « minorées/minoritaires » vers les langues dominantes ?
Inclure et accueillir ; faire dialoguer et donner la voix/voie
Les Assises 2027 sont également façonnées à partir de plusieurs mots clés : les jeunes dans la rue / Gen Z / les voix LGBTQIA+ / la censure (et le contournement de la censure) / la santé mentale / le bien-être / les safe space / l’inclusion / l’esprit critique…
Un monde chaotique et abîmé
Depuis 2021, de nouveaux conflits ont éclaté dans le monde ; la violence de la guerre est devenue le quotidien de plus en plus d’éditeur·rices. La montée des nationalismes, des conservatismes et des autoritarismes s’est répandue dans les sociétés, insufflant des courants de racisme et de sexisme, mettant en danger toutes les diversités (de genre, religieuses, culturelles, etc.). Les catastrophes naturelles se sont multipliées, nous laissant spectateur·rices impuissants d’une crise climatique annoncée. Des empires financiers et technologiques se sont formés et consolidés, imposant une standardisation des contenus, fragilisant l’écosystème actuel du livre, limitant les libertés d’expression et l’esprit critique.
C’est dans ce monde de plus en plus chaotique et abîmé que nous sommes 6 ans après… Un monde où il devient difficile de s’écouter, de dialoguer, de ne pas être d’accord. Un monde où le débat d’idées et les livres sont menacés (voire interdits), où la censure (et l’auto-censure) empêchent une pluralité de points de vue et de témoignages…
Des espaces de solidarité et de résistance
Dans ce contexte de replis, de difficultés voire de dangers pour l’expression et la représentation de toutes les diversités, les espaces de solidarité et de résistance à petite ou grande échelle sont nombreux et font beaucoup de bien. Ces safe spaces peuvent aider, sont fédérateurs et porteurs d’espoirs. Ce sont ces espaces de solidarité et de résistance que les prochaines Assises internationales de l’édition indépendante mettront au cœur de leurs préoccupations et débats.
• Comment résiste-t-on ensemble ?
• Quels sont les moyens de contournement des atteintes aux libertés ?
• Quel rôle social et politique le livre et l’éditeur·rice joue-t-il ?
• Comment dialogue-t-on de sujets complexes et sensibles dans un contexte interculturel ?
• Comment édite-t-on en contexte de crise, de guerre ?
• Comment prend-on soin de nous, de ces espaces de solidarité ?
D’autres voix/voies
Un monde malade et injuste que les jeunes générations viennent bousculer : en Indonésie, à Madagascar, au Maroc, au Népal, au Pérou… la Gen Z est dans la rue, revendiquant d’autres possibles, demandant plus de justice sociale, rêvant d’une vie digne. C’est cette jeune génération qui sera la cheffe d’orchestre de ces Assises grâce au partenariat avec l’École de la pensée critique, initiative portée par les éditions En toutes lettres avec la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès. Un groupe d’étudiant.es et de jeunes professionnel·les du livre élaboreront le programme des Assises, animeront les débats et échanges et témoigneront de leurs expériences et points de vue.
• Comment et autour de quels enjeux s’organise la résistance de la jeune génération ?
• Quel rôle et place tiennent les livres et la lecture dans cette résistance – et plus largement pour les jeunes générations ?
• Quelles sont les modes d’organisation et de connaissances de la Gen Z ?
• Quels sont les espoirs et les utopies portés par les jeunes ?
• Comment faire lien (entre les cultures, les générations…) ?
Moment unique pour le mouvement de l’édition indépendante, les Assises mettent en lumière une autre facette du monde du livre, composée d’une multitude de voix, souvent marginalisées et étouffées. Basées sur le dialogue interculturel, la solidarité et la pluralité des approches, les Assises sont un espace de discussions, de réflexions, de recherches et d’actions. Elles permettent d’établir collectivement un portrait de l’édition indépendante mondiale (Amérique latine, Afrique, Asie, Europe, monde arabe et Océanie) : elles donnent le « la » sur les tendances et enjeux qui interrogent le monde du livre – et plus largement, l’état du monde.
Plus d’informations ici (document évolutif, en pleine construction collective ! :
Auteur(s) : Mouneer AL-SHAARANI
Pays de parution : Égypte, Émirats arabes unis, Liban, Syrie, Tunisie
Langue(s) :
anglais
, arabe
, espagnol
, français
Écrit en arabe avec une traduction en français, anglais et espagnol, ce livre est coédité par 5 membres du réseau arabophone de l’Alliance internationale de l’édition indépendante (Atlas Publishing, Damas ; Arab Diffusion, Beyrouth ; El Ain, Le Caire ; Med Ali, Sfax et Mamdouh Adwan, Sharjah).
Plus de 160 maisons d’édition indépendantes de 58 pays prennent part à Babelica : pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est la bibliodiversité… en voici un bel exemple à travers la diversité des titres, des langues, des pays, des points de vue, des sensibilités représentés par ces maisons d’édition. Des voix plurielles, souvent invisibilisées, à découvrir ici.
Quelques extraits des tables rondes de cette édition de Babelica : #Palestine
« Même si les livres ont été détruits et brûlés, devenant impropres à la lecture, nous leur avons trouvé une autre utilité. Nous les avons distribués aux habitants pour qu’ils puissent les utiliser comme combustible, afin de pouvoir cuisiner en l’absence de gaz. Les livres se sont ainsi transformés, malgré tout, en un moyen de subsistance » Samir Mansour (Samir Mansour Bookshop & Printing, Gaza)
« Il est crucial de documenter la situation des auteurs : qui a été tué, quelles sont leurs publications ? Il faut honorer les auteurs à Gaza et archiver leur production, sur papier comme électroniquement » Fuad Akleek (Al Raqamia Publishing House, Jérusalem)
« Dès que la guerre prendra fin, nous travaillerons ensemble, main dans la main, pour redonner à la culture sa place dans la bande de Gaza. Nous reprendrons notre rôle avec encore plus de force, pour produire de nouvelles œuvres et reconstituer ce qui a été perdu dans les bibliothèques privées, publiques et collectives. Ainsi, nous transmettrons le flambeau à la nouvelle génération, afin qu’elle le porte armée de culture et de conscience, et non dans l’ignorance de son histoire » Atef Al Durra (Al Kalima Publishing House, Gaza)
#Freedom to publish
“When the statehood is in danger, and when we see the aggressor is investing so much money in propaganda and in the destruction of our culture, our language, everything, we are forced to impulse censorship because that’s the way to survive and to protect what is ours. In peaceful time, the question of censorship will be a totally different point of discussion but right now, unfortunately, that’s the need” Slava Svitova (Creative Women Publishing, Ukraine)
« Face à ce libéralisme autoritaire, qui se présente sous la forme de grands groupes éditoriaux médiatiques, il nous a semblé important de penser notre multiplicité et nos spécificités. Contre la concentration, il nous faut penser la dispersion, entendue comme une multitude de solidarités » Zoé Monti (coéditrice du livre Déborder Bolloré, éditions Les Prouesses en France)
“When we chose to not publish in Urdu and to publish in English, that’s the big self-censorship that we have” Saeed Husain (Folio Books, Pakistan)
« De tous temps on a beaucoup appris l’histoire de la colonisation, etc. mais maintenant, on veut ancrer nos valeurs sur la civilisation africaine, béninoise » Prudientienne Houngnibo Gbaguidi (librairie Savoir d’Afrique au Bénin)
“Writers who are critical of the government, of policies, writers who express their identity are facing censorship, imprisonment, judicial, arrests. Governments use security laws to shoot down critical voices. The main tendencies are digital shot down ; LGBTQIA+ writers are attacked, books are banned – in America last year, we had 10 000 instances of books banned” Romana Cacchioli (PEN International)
« Le féminisme pour moi, ce sont avant tout les femmes de ma famille, qui ont su tracer leur chemin dans une société profondément patriarcale » Marie W. Larose (Dartmouth College, USA)
#Public Book Policies
« This study explores the publishing policies in the Arab world, involving publishing specialists from eleven Arab countries. It focuses on several key themes, including : freedom of expression, the publishing industry, book-related public policies, various forms of censorship, the book-related socioeconomic environment, intellectual property rights and other relevant issues » Hani Altelfah (Al Marfaa, Turkey)
Cette année, la rencontre du CIEI a pour objectif principal la construction collective des prochaines Assises internationales de l’édition indépendante, qui se tiendront à Fès (Maroc) en 2027.
Jean est un membre fondateur de l’Alliance, il a été un de ses piliers, a toujours crû en l’humain, au dialogue, au croisement des langues, des cultures. Fervent défenseur des coéditions solidaires, il a initié et participé à de nombreux projets visant à faire circuler la littérature à travers les pays et les continents.
Il est tellement dur pour l’instant de réaliser que nous ne verrons plus Jean, que son rire ne résonnera plus, que nous ne pourrons plus apprendre de lui. La disparition de Jean nous rappelle la nécessité et l’importance de la solidarité, de l’amitié, de la générosité ; à nous de poursuivre ce chemin, d’être curieux de la vie, de l’autre ; à nous de croire à des utopies.
Ces rencontres s’articulent autour de 3 thèmes principaux :
Partenariats éditoriaux solidaires entre maisons d’édition du monde arabe et de la francophonie (avec focus sur les ouvrages sur la Palestine et/ou publiés par des maisons d’édition palestiniennes)
Lancement public de la cartographie des politiques publiques du livre dans le monde arabe
Ateliers sur l’IA et la bibliodiversité
Le programme complet et la liste des participant·es est à consulter ici !
Après une licence à Sciences Po Rennes et une année d’échange universitaire au Chili, Eulalie Patat poursuit actuellement un Master 2 Cultures et Transitions à Sciences Po Rennes. Intéressée par les questions de diversité culturelle, de circulation des savoirs et de politiques du livre, elle s’oriente vers le secteur de l’édition indépendante et engagée. En 2025, elle rejoint l’équipe de l’Alliance internationale de l’édition indépendante en tant qu’alternante.
Découvrir et comprendre l’environnement des éditeurs, connaître leurs productions, écouter la voix des indépendants… des portraits inédits d’éditrices et d’éditeurs à lire dans cette rubrique !
Suite à des études à l’IUT Métiers du Livre d’Aix en Provence, Laurence HUGUES a suivi une licence de Lettres modernes à Trois-Rivières au Québec, puis un Master Commercialisation des produits de l’édition à Paris 13-Villetaneuse. Après plusieurs séjours professionnels en Afrique de l’Ouest, elle rejoint l’équipe de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants en 2007. En juillet 2009, Étienne GALLIAND, fondateur et jusqu’alors directeur de l’Alliance lui transmet la direction de l’association.
Après un master de recherche en Littérature française à la Sorbonne Nouvelle, Camille CLOAREC a travaillé à la Maison de la Poésie à Nantes, puis a été coordinatrice de la vie littéraire au Ciclic (centre du livre, du cinéma et de la culture numérique pour la région Centre-Val de Loire), avant d’être chargée de la promotion du livre et du débat d’idées à l’Ambassade de France au Canada. En 2019, Camille a commencé à apprendre le télougou (langue indienne) à l’Inalco.
Camille rejoint l’équipe de l’Alliance en juillet 2020 ; elle est notamment en charge de l’animation des réseaux linguistiques de l’association et des projets de coéditions et de traductions au sein de l’Alliance.
L’Alliance a adopté une organisation interne originale, respectueuse à la fois des principes démocratiques et du fonctionnement d’un réseau international. L’aventure de l’Alliance repose avant tout bien entendu sur les éditeur·rices membres, représenté·es par le Comité international des éditeur·rices indépendant·es (CIEI), mais aussi sur un Bureau – garant du respect des décisions prises par les éditeur·rices – et d’une équipe permanente.
Laura Aufrère a étudié les sciences politiques et a travaillé pendant dix dans le secteur culturel, dont cinq ans en tant que coordinatrice de l’union représentant, en France, les initiatives de spectacle vivant/enregistré et des arts visuels se reconnaissant de l’économie sociale et solidaire (UFISC). Elle est maintenant doctorante (CEPN – Paris 13), et travaille sur les dynamiques d’économie sociale et solidaire et des communs dans le secteur culturel (collectifs et initiatives en communs, processus de coopération, gouvernance, protection sociale, modèles sociaux de solidarité, modèles économiques, etc). Elle a rejoint le Bureau de l’Alliance en 2016, et est présidente de l’association depuis 2020.
Vice-président de l’Alliance depuis l’Assemblée générale du 20 juin 2011, Luc Pinhas, ancien élève à l’École normale supérieure de Saint-Cloud, est docteur en Sciences de la Communication et Maître de conférences à l’Université Paris 13-Villetaneuse. Il est actuellement responsable du Master « Commercialisation du livre ».
Thierry Quinqueton a une longue expérience du milieu éditorial et du dialogue interculturel. Il a été directeur littéraire des éditions Desclée De Brouwer (France) de 1991 à 1999, puis directeur du Centre culturel français de Khartoum de 2000 à 2004. Après 4 années au ministère des Affaires étrangères (division de l’écrit et des médiathèques), il a dirigé de mai 2009 à juillet 2013 le réseau de médiathèques de l’agglomération de Châtellerault, puis de 2013 à 2017 le Bureau du livre de l’Ambassade de France à Beyrouth, au Liban.
Thierry Quinqueton poursuit enfin des recherches sur l’imbrication de l’économie marchande, des politiques publiques et des aspects non monétaires dans l’économie du livre (droit et développement de l’économie sociale et solidaire - université de Poitiers). Auteur de Que ferait Saul Alinsky ? (DDB, 2011), il a été Président de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants de 2006 à 2013.
De 2002 à 2009, Étienne GALLIAND (fondateur de l’Alliance) a dirigé l’association. Il a ensuite créé la structure Double ponctuation, avec laquelle l’Alliance collabore régulièrement. Double Ponctuation est entre autres coéditeur de la revue Bibliodiversity.
Alexandre TIPHAGNE rejoint l’Alliance de 2002 à 2007, en charge notamment des coéditions et des réseaux lusophone et hispanophone. De décembre 2012 à avril 2014, Alexandre a été chef adjoint du Cabinet de la Ministre de la Culture et de la Communication et conseiller technique en charge du livre, puis chef de Cabinet. Il est actuellement collaborateur parlementaire d’Aurélie Filippetti à l’Assemblée nationale.
Thomas WEISS a travaillé à l’Alliance entre 2003 et 2006 en tant que logisticien, administrateur et webmestre. Il a également coordonné des coéditions des réseaux anglophone et arabophone. En 2007, il devient consultant et développeur web indépendant et travaille principalement pour la fondation Charles Léopold Mayer, Exemole Sarl et l’Institut de recherche et débat sur la gouvernance. En 2013, il rejoint un groupe informatique français, Netapsys Conseil, en tant que directeur de pôle. Il est actuellement consultant à OCTO Technology.
Entre 2008 et 2010, Nathalie CARRÉ a apporté son expertise sur les collections de coéditions solidaires « Terres solidaires » et « Terres d’écritures ». Nathalie continue d’animer le Comité de lecture de la collection « Terres solidaires ». Elle est aujourd’hui professeur de swahili à l’Inalco.
Sonbol REGNAULT-BAHMANYAR a participé à l’aventure de l’Alliance de 2010 à 2012, en développant le groupe d’éditeurs persanophones de l’association. Sonbol est aujourd’hui en Iran, où elle projette d’ouvrir une pâtisserie française.
Matthieu JOULIN a rejoint l’équipe de l’Alliance en 2011, après avoir obtenu un Master Langues, littératures et civilisations hispano-américaines à Bordeaux, et un Master Commercialisation du livre à Paris 13-Villetaneuse. Entre 2011 et 2019, Matthieu était en charge de l’animation des réseaux hispanophone et lusophone de l’Alliance, du Labo numérique, et de plusieurs recherches et analyses de l’Observatoire de la bibliodiversité.
Clémence HEDDE a travaillé 10 ans à l’Alliance, entre 2010 et 2020. Après un double cursus Géographie / Métiers du livre, en France et au Royaume-Uni, et des expériences dans différentes maisons d’édition (Autrement, La Découverte, Phaidon), Clémence a été responsable de programmes au sein de l’Alliance, plus spécifiquement en charge de l’animation du réseau francophone et du groupe d’éditeurs de littérature jeunesse, de la coordination de coéditions internationales, de l’organisation de rencontres et d’ateliers, ainsi que du suivi d’études dans le cadre de l’Observatoire de la bibliodiversité. Elle est maintenant coordinatrice littéraire au Ciclic, l’agence régionale du Centre Val de Loire pour le livre, l’image et la culture numérique.
Mariam PELLICER a suivi un cursus à l’Institut d’Études Politiques de Toulouse (spécialisation sur la lutte contre les discriminations et les politiques d’égalité de genre), après un échange académique au Chili, où elle a étudié entre autres la sociologie du genre. Mariam a fait ses premières expériences professionnelles au sein de l’International Alliance of Women à Athènes, puis à la Fondation des Femmes à Paris. Entre 2020 et 2024, Mariam a été en charge de l’animation des réseaux hispanophone et lusophone, de la coordination de l’Observatoire de la bibliodiversité et du pôle plaidoyer de l’Alliance.