français

L’Alliance

Gérard AIMÉ, membre de l’Assemblée générale

Né en 1946, diplômé du Centre de Formation des Journalistes, DES de sociologie politique, Gérard Aimé débute comme journaliste et photo-reporter au Canada. Co-fondateur des éditions Alternatives, co-auteur des premières publications, il va diriger cette maison d’édition pendant 35 ans, jusqu’à son rachat par les éditions Gallimard. Il est aujourd’hui conseiller auprès de différentes maisons d’édition. Gérard Aimé a été membre du Bureau de l’Alliance entre 2011 et 2016.

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Traductrices et traducteurs

L’Alliance collabore régulièrement avec des traducteurs et traductrices (newsletters mensuelles, documents de communication, de gouvernance, etc.), et tout particulièrement avec :

Nathalie COOREN (pour la langue espagnole)

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Nathalie Cooren a suivi une formation juridique (maîtrise de droit avec une spécialisation en droit européen et international) et en sciences sociales (master en sociologie des conflits). Après avoir longtemps travaillé dans le domaine des relations internationales où la traduction faisait partie intégrante de son quotidien, elle a décidé d’en faire son métier à temps plein.
Plusieurs années passées à l’étranger, en Amérique latine notamment, l’ont également très tôt sensibilisée à l’importance des langues et à la diversité des cultures. Elle traduit de l’espagnol et de l’anglais vers le français, aussi bien des documents dans les domaines juridique, institutionnel, politique, environnemental, touristique, marketing et bien entendu, éditorial, que des ouvrages (voir notamment « Guide du municipalisme : pour une ville citoyenne apaisée, ouverte »).

Danielle CHARONNET (pour la langue espagnole)

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Rachel MATTEAU MATSHA (pour la langue anglaise)

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Rachel Matteau Matsha est maître de conférences à l’Université de technologie de Durban (Afrique du Sud). Ses recherches portent sur l’histoire du livre, la sociologie de la littérature, les études sur l’océan Indien et les études postcoloniales. Née au Québec (Canada), elle est titulaire d’une licence en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat en littérature africaine de l’Université de Witwatersrand à Johannesburg (Afrique du Sud). Elle est l’autrice de Real and Imagined Readers. Reading, publishing and censorship under apartheid (UKZN Press, paru en 2018). Elle collabore avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants depuis 2013.

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Dates clés de l’Alliance

• Rencontre de Gijón (Espagne), 2000 (à l’initiative de 4 éditeurs hispanophones, en réaction à l’irruption de multinationales espagnoles en Amérique latine)
• Création par un petit groupe d’éditeurs et par Étienne Galliand – ancien directeur et salarié de l’association – du projet de l’Alliance, 2001
• Rencontre de Paris (France), 2001 (à quelques jours de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle de l’UNESCO)
• Création de l’association de loi 1901 « Alliance des éditeurs indépendants, pour une autre mondialisation » (siège social situé à Paris), 2002
• Rencontre de Dakar (Sénégal), 2003 (Déclaration des éditeurs indépendants et solidaires)
• Rencontre de Guadalajara (Mexique), 2005 (Déclaration des éditeurs indépendants du monde latin)
• Assises internationales de l’édition indépendante à Paris (France), 2007 (Déclaration internationale des éditeurs indépendants pour la protection et la promotion de la bibliodiversité)
• Changement de nom de l’association, qui devient Alliance internationale des éditeurs indépendants, 2008
• Création du Comité international des éditeurs indépendants (CIEI), 2009
• Assises internationales de l’édition indépendante – ateliers préparatoires et rencontre de clôture au Cap (Afrique du Sud), 2012-2014 (Déclaration internationale des éditeurs et éditrices indépendants, pour faire vivre et renforcer ensemble la bibliodiversité et 80 recommandations & outils en faveur de la bibliodiversité)
• Création de l’Observatoire de la bibliodiversité, 2016
• Cartographie des politiques publiques du livre en Afrique et en Amérique latine, 2020
• Assises internationales de l’édition indépendante de Pampelune-Iruñea, 2021 (Déclaration de Pampelune-Iruñea « Pour une édition indépendante décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire »)
• Guide des bonnes pratiques, 2022
• Première édition de Babelica, 2022
• Changement de nom de l’association, qui devient Alliance internationale de l’édition indépendante, 2024

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Salon de l’Écrit et du Livre en Langues Africaines (SAELLA), Bamako, 20-23 janvier 2016

Organisée par l’association Afrilivres, grâce au soutien de ses partenaires et à l’appui de l’OMEL (Organisation malienne des éditeurs de livres), la première édition du salon en langues africaines réunira professionnels, universitaires, institutions, ONG et grand public pour 3 journées de débats, d’échanges et d’expositions-ventes d’ouvrages. Un événement inédit et unique, à ne pas manquer !

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Bibliodiversity : A Manifesto for Independent Publishing

Auteur(s) : Susan HAWTHORNE ; Bilal ZAITER (trad.)
Pays de parution : Égypte, Liban, Syrie
Langue(s) : arabe

Une traduction de l’anglais vers l’arabe, couplée à une coédition solidaire entre 5 éditeurs en Égypte (Elain publishing), au Liban (Dar Al Farabi et Al Intishar), en Syrie (Atlas publishing) et en Tunisie (Med Ali).

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Graphisme et illustration dans l’édition jeunesse – regards croisés Afrique-Europe, Paris, 29-30 novembre 2015

En marge du Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis (2-7 décembre 2015), l’Alliance réunit, grâce au soutien du Centre national du livre (CNL), douze éditeurs et éditrices jeunesse indépendants d’Afrique et d’Europe (Bénin, France, Madagascar, Maroc, Pologne, Portugal, Togo). Les éditeurs partageront durant deux jours leur expérience et leur savoir-faire sur les stratégies développées en termes de choix de graphisme et d’illustration au sein de leur maison d’édition, occasion de questionner les évolutions et les innovations de l’édition jeunesse (nouvelles techniques de graphisme, numérique, etc.).

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Appel à la liberté d’expression et d’édition au Bangladesh, novembre 2015

Extrait du communiqué de l’Alliance pour un appel à la liberté d’expression et d’édition au Bangladesh, 10 novembre 2015 :

Depuis plusieurs mois, des auteurs, blogueurs, éditeurs et libraires font l’objet d’attaques violentes et meurtrières au Bangladesh.
L’Alliance internationale des éditeurs indépendants, représentant 400 éditeurs indépendants de 45 pays dans le monde, condamne ces attaques meurtrières et l’atteinte à la liberté d’expression et d’édition. L’Alliance réaffirme également le rôle essentiel que doivent jouer les pouvoirs publics, au Bangladesh comme dans le reste du monde, pour favoriser l’émancipation des citoyens, pour garantir un espace public de dialogue et de paix. La pluralité et la diversité des idées constituent la base de la démocratie. Il est urgent que le gouvernement bangladais protège et défende les acteurs du livre, assurant ainsi les fondements nécessaires à leur métier et à leur liberté d’expression.

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Rencontre du Comité international de l’édition indépendante - CIEI (Paris), 9-11 octobre 2015

Le CIEI, composé des 6 représentants des réseaux linguistiques de l’Alliance, se réunit à Paris. Au programme de ces 3 journées : retombées des recommandations et propositions issues des Assises internationales de l’édition indépendante, perspectives pour les années à venir ; liberté d’expression et d’édition ; droits d’auteur en Europe et dans le reste du monde ; rencontre avec les partenaires de l’Alliance (Fondation Charles Léopold Mayer, UNESCO, Relais Culture Europe, ministères de la Culture et des Affaires étrangères, région Ile-de-France, Centre national du livre, AILF, SGDL…).

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Orientations 2015-2021

Défendre la bibliodiversité et l’édition indépendante via un réseau professionnel de solidarité

Soutenir la mise en place de politiques du livre nationales, régionales et internationales

Réaffirmer et défendre la liberté et l’équité d’expression

  • Réalisation d’une typologie des censures ; rédaction de plaidoyers en soutien et solidarité aux éditeurs

Renforcer les espaces collaboratifs et innover pour répondre aux transformations et enjeux de demain

  • Labo numérique, ateliers, échanges d’expériences et mutualisation d’outils (sur le numérique, sur les partenariats éditoriaux solidaires, sur l’édition en langues nationales et locales…)
  • Renforcement des échanges avec l’interprofession (auteurs, libraires, bibliothécaires, diffuseurs-distributeurs, acteurs numériques, etc.) : rencontres interprofessionnelles, actions de lobbying communes

Participer à un rééquilibrage des échanges entre pays exportateurs et pays destinataires de livres

  • Centre de ressources en ligne, en complément de l’Observatoire de la bibliodiversité
  • Modernisation des pratiques de dons de livres : Charte du don de livres revisitée par les professionnels du Sud
  • Présence dans les foires et salons du livre (stands collectifs autant dans des salons du livre au Sud qu’au Nord), promotion des ouvrages du Sud au Nord

Développer et renforcer les échanges interculturels

  • Développement et accompagnement de projets de coéditions / traductions : partenariats éditoriaux Nord-Sud et Sud-Sud porteurs du label « Le livre équitable », recherches de modèles économiques solidaires (économie sociale et solidaire)

Les orientations 2015-2018 de l’Alliance ont été définies collectivement par les éditeurs lors des Assises internationales de l’édition indépendante (2012-2014). De chacune de ces orientations, découlent des projets et des activités mis en œuvre par l’Alliance sur la période 2015-2018.

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Foire du livre de Francfort (Allemagne), 14-18 octobre 2015

Les éditeurs indépendants seront présents à Francfort cette année encore. Pour les contacter et les rencontrer pendant la Foire, consultez le document ci-dessous.

À ne pas manquer, jeudi 15 octobre, de 13h00 à 14h00, Hall 3.1 (Weltempfang)
« Independent feminist publishing across borders – dialogue between 4 feminist publishers from 3 continents » – une table ronde organisée par l’Alliance, en partenariat avec Litprom et la Foire – avec Renate Klein (Spinifex Press, Australie), Susan Hawthorne (Spinifex Press, Australie), Colleen Higgs (Modjaji Books, Afrique du Sud) et Müge Gürsoy Sökmen (Metis Publishers, Turquie). Animée par Juan Carlos Sáez (JC Sáez Editor, Chili).

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Observatoire de la bibliodiversité

Tarifs postaux et circulation du livre en Amérique latine , 2009

En novembre 2009, l’Alliance est alertée de la disparition progressive des tarifs postaux préférentiels pour le livre dans de nombreux pays d’Amérique latine.

Devant l’absence d’études récentes sur les tarifs en vigueur dans cette région – et face à la difficulté d’obtenir des informations fiables – l’Alliance décide de mener l’enquête en se basant sur l’expérience de ses membres latino-américains.

La synthèse de ce travail de collecte et d’analyse d’informations – mené par Mathieu Joulin pour l’Alliance – est désormais disponible. Tout contribution visant à compléter ou à actualiser cette étude sera la bienvenue, n’hésitez pas à nous contacter.

Tarifs postaux et circulation du livre en Amérique latine

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Séquence 14 : comment et avec qui l’éditeur prépare-t-il le manuscrit ?

L’assistant éditorial et les auteurs

  • Quand il y a un directeur d’ouvrage, celui-ci peut prendre en charge les relations avec les auteurs et leur demander les modifications qui s’avèrent nécessaires dans leurs manuscrits, voire corriger les manuscrits lui-même. Si les corrections auxquelles procède le directeur d’ouvrage sont pertinentes, cela peut enrichir le manuel : les autres auteurs sont alors des rédacteurs d’un premier manuscrit que le directeur d’ouvrage va reprendre, mettre en forme et harmoniser à son goût, ce qui va garantir l’uniformité et la cohérence du manuel. Ce travail allège d’autant celui de l’assistant éditorial, qui quand il n’y a pas de directeur d’ouvrage doit se charger lui-même de l’harmonisation des différents chapitres. Il faut cependant avoir prévu ce cas de figure dans le contrat, car le manuscrit d’un auteur est censé être respecté. Sinon, les auteurs mécontents pourraient se retourner contre l’éditeur qui laisserait un directeur d’ouvrage ou un assistant éditorial reprendre intégralement leurs manuscrits. Dans ce cas, l’auteur est appelé « contributeur ». Il en est de même en cas de défaillance de l’auteur : on peut faire reprendre son travail par quelqu’un d’autre, mais il faut l’avoir mentionné au préalable dans le contrat.
  • Quand le directeur d’ouvrage a choisi les auteurs, il existe un risque que celui-ci prenne trop de libertés avec le travail des auteurs, refasse ce qu’ils ont réalisé, rédige de nouveau des parties, etc., alors que ce qu’ont produit les auteurs est de bonne qualité. Simplement, il a une idée différente de ce qu’il convient de faire, ou a du mal à travailler en équipe et il lui est plus simple de s’arroger un droit de correction. L’assistant éditorial lui-même peut-être tenté de reprendre massivement le travail des auteurs. Outre que cela fait travailler plusieurs personnes à la même chose, alors que le calendrier est déjà très serré, cela perturbe le travail des auteurs car ceux-ci ne reconnaissent plus leurs manuscrits et se déresponsabilisent, voire ne travaillent plus sur le contenu. Il n’est pas facile pour un auteur de voir son manuscrit transformé, corrigé et modifié par quelqu’un d’autre. Quand cela s’avère nécessaire, il faut le faire avec délicatesse et sans évincer l’auteur. Il faut toujours prendre soin de l’associer au travail qui est fait sur son manuscrit, lui demander son avis, etc.
  • L’excès inverse est de laisser les auteurs prendre en charge la conception du manuel sans intervenir autrement que comme assistant des auteurs. Hormis dans certaines grandes maisons où les équipes sont rodées et travaillent en autonomie, l’assistant éditorial est la seule garantie que le contenu et la présentation du manuel vont respecter le concept initial, la maquette prévue, les résultats du test et les attendus d’un manuel scolaire. Il faut donc qu’il prenne toute sa place, qu’il n’hésite pas à tout contrôler et à intervenir si quelque chose ne correspond pas à ce qu’on attend du manuel final. Très souvent, les auteurs tiennent beaucoup à conserver leurs manuscrits tels qu’ils les ont imaginés et ont du mal à tenir compte des contraintes de la maquette (trop de texte, trop d’images car on veut « tout mettre »), du niveau des élèves (manuscrit trop difficile car on veut aller le plus loin possible). Ils leur est difficile de faire des choix et l’assistant éditorial doit être ferme pour que le manuel reste conforme à ce qui a été prévu. Sinon, on est obligé d’augmenter le nombre de pages, le format, les marges rétrécissent, et finalement l’aspect visuel du manuel, qui demeure primordial, en pâtit (voir « L’aspect physique du manuel » dans la séquence 4).
  • Autre difficulté : nombre de bons professeurs ont développé une technique d’enseignement qui fonctionne très bien dans leur classe mais ne savent pas du tout comment transmettre leur pratique au travers d’un manuel qui a pour caractéristique d’être utilisé par un professeur qu’ils ne connaissent pas, dont ils ignorent le niveau de formation et les capacités professionnelles, et par des élèves qu’ils n’ont pas en face d’eux. Ces auteurs rendent alors un manuscrit confus, tout au long duquel on doit être guidé si on veut arriver à suivre. Or, ces auteurs ne seront pas là pour expliquer aux professeurs comment utiliser le manuel et, même s’il existe un livre du professeur pour cela, il faut tenir compte du besoin de clarté du professeur qui doit avoir une compréhension spontanée du manuel sans être obligé de lire son « mode d’emploi ». Il faut alors que l’assistant éditorial soit ferme et fasse reprendre le manuscrit jusqu’à ce qu’il ait le niveau requis, quitte à lui faire perdre de la valeur. Les tests d’utilisation du manuel que l’on pratique avec des professeurs, ou même en classe avant parution, permettent de contrôler cela.

L’assistant éditorial et le correcteur

  • Le correcteur s’assure que la syntaxe, l’orthographe et la grammaire sont respectées. Il est aussi un relecteur, c’est-à-dire qu’il prend garde au sens de ce qu’il lit et relève ainsi nombre de problèmes que les auteurs et l’assistant éditorial, pris dans le feu de l’action, ne voient plus. Il relit intégralement les chapitres à plusieurs reprises (au moins deux) et traque les coquilles, les fautes et les aberrations liées aux diverses manipulations faites sur les manuscrits. Arrivant en fin d’étape, après toutes les autres interventions, la correction est souvent réalisée à la va-vite. C’est pourtant un moment essentiel qui met parfois au jour de véritables problèmes qui ont échappé à la vigilance de l’assistant éditorial : phrases coupées à la mise en pages, légende d’images erronée, titre absent ou sans rapport avec le document, etc. L’éditeur communique avec le correcteur par un système de signes de correction. Ce système a pour principe de montrer en marge ce qui doit être repris, pour que ce soit bien visible et qu’on puisse « pointer », c’est-à-dire vérifier que le maquettiste a bien pris en compte toutes les modifications. L’assistant éditorial valide ou efface ce que demande le correcteur, règle les questions qu’il soulève avec l’auteur ou le directeur éditorial, puis transmet la copie au maquettiste qui va intégrer les demandes de corrections. Il pointe ensuite les corrections. Voici un récapitulatif des signes de correction, issu du Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale française.

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L’assistant éditorial et les documents

  • L’assistant éditorial travaille enfin sur les documents ; il consulte d’abord ce que l’auteur a demandé ou proposé comme document puis soit il commande un document existant, soit il fait créer le document nécessaire. Il choisit donc l’ensemble des documents qui accompagnent le cours :
    • cartes en géographie ;
    • photos d’expériences en physique-chimie ;
    • planches anatomiques et images de nature en biologie ;
    • extraits de textes de littérature en français ;
    • extraits de textes de philosophes en philosophie ;
    • extraits d’articles et de textes d’économistes en économie ;
    • dessins pour les exercices dans les petites classes ;
    • photos illustratives ;
    • dessins illustratifs, etc.
  • Les textes : en général, les textes sont commandés, aux éditeurs de livres ou de revues et journaux à qui ils appartiennent. C’est le service administratif qui s’occupe généralement de ces commandes et qui suit les arrivées des autorisations sur un tableau, ainsi que l’envoi des exemplaires du livre et le règlement des factures. Une règle à ne pas oublier quand on commande un texte : il faut respecter celui-ci et donc ne pas le retoucher. Le respect du droit d’auteur impose de ne pas transformer un texte que l’on commande (excepté en le coupant). Sinon, il faut demander à l’auteur du texte son autorisation. Voici un exemple de commande.

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  • Les dessins et les cartes : ils sont commandés à des illustrateurs et cartographes préalablement choisis. Il est important de discuter avec eux du planning des remises et du mode de réception des images. Par exemple, si les dessinateurs dessinent de manière traditionnelle, sur du papier, il faut prévoir de scanner les images et il vaut mieux le savoir au préalable. Il est souvent préférable pour l’éditeur que les dessinateurs scannent leur dessin, même s’ils l’ont d’abord réalisé sur papier. Il leur est alors possible de le retoucher par exemple, tâche qui incombe sinon au maquettiste. Cela permet aussi de prévoir le texte, s’il y a lieu, sur un calque à part, au lieu de l’inscrire directement sur l’image. Le texte est généralement soumis à de nombreuses corrections et on peut ainsi aisément le modifier. Il est indispensable de demander d’abord un brouillon au dessinateur, pour ne pas avoir à commander une autre image si celle-ci ne convient pas. Il est également judicieux de commander des formats d’images beaucoup plus grands que la taille des images telles qu’elles figureront dans le manuel : rétrécir une image permet d’augmenter la précision du trait et la rend plus belle et plus distincte. En outre, si des corrections doivent être apportées, ce sera beaucoup plus facile sur une image de grande taille. Enfin, il vaut toujours mieux demander trop que pas assez : on peut détourer un détail d’une image si on ne veut plus conserver que ce détail par exemple, mais il est difficile d’ajouter un fond qui n’aurait pas été dessiné.
  • Les photographies : hormis les photos d’expériences scientifiques, qui doivent souvent être réalisées pour le manuel (à moins qu’on en trouve sur des sites spécialisés), les photographies sont la plupart du temps commandées à des agences ou à des photographes. De nombreux sites d’agences permettent de chercher et de commander des images d’art, de biologie, etc. : Corbis, AKG, Magnum, Biosphotos. Pour des photos à faible coût et libres de droits utilisables commercialement, on préfèrera Fotolia. Pour les reproductions d’œuvres d’art, il faut toujours bien tenir compte du fait que commander un fichier d’image à une agence ne veut pas dire qu’on a acquis les droits de reproduction de l’œuvre photographiée, qui sont à demander à l’artiste ou à ses ayants droit. Tous les fichiers des photographies doivent être commandés au moins en 300 ppp ou dpi, résolution indispensable pour l’impression papier. Ces photos doivent (normalement !) également être photogravées à la taille à laquelle elles sont utilisées pour un bon rendu d’impression.
  • Une difficulté importante dans ces différentes opérations, que ce soit la correction ou la commande des documents, réside dans l’estimation du moment où il convient de les effectuer : on a tendance à reporter au maximum la correction pour qu’elle intervienne quand les chapitres ont déjà un degré de réalisation proche du stade final, et à lancer la création des cartes et dessins quand la mise en pages des chapitres est déjà bien avancée. De même, on essaie de demander les droits de reproduction des textes et les fichiers des images quand on est sûr de les utiliser. Mais, si on diffère exagérément ces différentes opérations, on se retrouve en fin de conception du manuel avec une somme trop importante de choses à commander et à corriger. Il faut donc s’obliger à entamer ces activités à un moment où le chapitre est encore en cours, quitte à annuler certaines commandes, à devoir refaire la correction, etc.
  • L’assistant éditorial, enfin, commande, valide et rassemble tous les travaux des différents intervenants (images, texte, correction, mise en pages…) et fait en sorte que chaque élément concorde avec les autres. Ainsi, il va proposer à l’auteur de changer une question concernant une image parce que celle qu’il aura trouvée ne correspond pas à ce qui avait été initialement demandé par l’auteur, une correction dans un chapitre va se répercuter dans un autre chapitre, la mise en pages va exiger que l’auteur procède à des coupes, que l’illustrateur recadre son image en portrait et non plus en format paysage, etc. En fin de conception, c’est l’assistant éditorial qui va, avec les folios définitifs, remplacer les renvois par des folios exacts. C’est aussi lui qui harmonise l’ensemble et veille à ce que les proportions de chaque élément dans chaque chapitre soient cohérentes : pas trop d’images ou de texte dans un chapitre par rapport à un autre, pas d’images en double dans deux chapitres, texte et exercices d’un niveau de difficulté progressif tout au long du manuel, etc.

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Séquence 11 : créer un concept, faire une charte éditoriale

Le concept du manuel

  • L’élaboration du concept du manuel est le cœur de cette phase et devrait faire l’objet d’une formation à elle seule. Dans certaines maisons d’édition qui ont une longue tradition dans le scolaire, l’éditeur ne participe à l’élaboration de la structure du manuel et de chaque chapitre que de manière secondaire. Le directeur d’ouvrage et l’équipe d’auteurs sont tellement au fait des réalités de l’édition qu’ils savent eux-mêmes transformer leur expérience de professeurs en un manuel pour des classes d’élèves avec lesquels ils ne seront pas en contact. L’éditeur recueille et valide leurs réflexions.
  • Dans les grandes maisons, leur travail est ensuite pris en main par le service du marketing, qui va tester un chapitre auprès de professeurs. Au préalable, le service du marketing aura fait une étude de marché, puis il livrera un rapport complet sur le marché et les caractéristiques des manuels en circulation. Dans les maisons d’édition plus petites ou n’ayant pas une tradition scolaire, l’éditeur (directeur de la maison ou responsable éditorial) doit lui-même faire une étude de l’existant. Il faut également, la plupart du temps, qu’il élabore en grande partie lui-même la structure du manuel et des chapitres, qu’il les propose aux auteurs qui les valident ou les corrigent.
  • Pour ce faire, l’éditeur s’entoure d’un directeur éditorial, d’auteurs, d’un assistant éditorial parfois, mais surtout de livres : rien ne remplace la connaissance des manuels scolaires existants, dans son pays ou dans d’autres pays, quand on veut en publier. Regarder ce qui est publié, regarder ce qui se vend, demander à des professeurs comment ils trouvent ces manuels, étudier leur format, leur pagination, la manière dont ils traitent le programme, la structure d’un chapitre, la proportion de textes et d’images est un bon point de départ pour avoir une idée de ce qu’on peut faire. Il faut également connaître le programme mais aussi quelles en sont les difficultés pour les professeurs, ce pour quoi ils auront besoin d’être guidés, ce qui va devoir être abondamment traité dans le manuel. En fonction de l’analyse de l’existant et des besoins, on élabore un projet qui répond aux attentes qu’on a pu discerner.

Le chapitre test

  • Le chapitre test est un premier chapitre rédigé selon les termes d’une première charte éditoriale et d’une première maquette, qui sera ensuite soumis à l’examen de professeurs.
  • C’est le service du marketing, quand il en existe un, qui s’occupe de cela. Cela permet de s’interroger sur le concept élaboré par l’éditeur, de le modifier en fonction des attentes des professeurs et de le valider avant que la rédaction du manuel soit véritablement lancée.
  • Bien souvent, le calendrier ne permet pas de faire ce test avant que les auteurs aient rédigé leurs manuscrits et on le fait en parallèle de l’édition du manuel. On doit alors ajuster le travail en cours pour tenir compte des résultats du test.

La charte éditoriale

  • On l’appelle aussi cahier des charges. C’est un document qui récapitule, à l’attention des auteurs et de l’assistant éditorial essentiellement, l’ensemble des caractéristiques de forme et de contenu du manuel. La charte éditoriale détaille des spécifications pédagogiques aussi bien que techniques et définit même la procédure d’élaboration du manuel et le calendrier. Quand le calendrier le permet, un premier chapitre test est réalisé ; la charte éditoriale s’appuie alors sur celui-ci, qui, une fois validé, sert de modèle aux autres. Elle est conçue par l’éditeur. Elle marque le lancement du manuel, après une phase de réflexion, d’élaboration du projet, de formation des équipes et de test du projet dont elle est le résultat.
  • C’est un document de cinq à dix pages. Il présente :
    • la liste des auteurs, avec leurs coordonnées, leur fonction professionnelle actuelle et passée, leur statut dans l’équipe ;
    • la liste des intervenants de la maison d’édition et leur fonction ;
    • l’esprit de la réforme et l’esprit du manuel ;
    • la démarche du manuel en conséquence ;
    • le format, la pagination, les couleurs, la couverture ;
    • la structure du manuel (sommaire détaillé) ;
    • la structure d’un chapitre modèle. Si ce chapitre a pu être fait au préalable, il est fourni avec la charte, sinon il faut détailler la structure du chapitre et exposer clairement ce qui est demandé à l’auteur (on peut par exemple préciser que « Les titres des chapitres ne reprennent pas l’intitulé du programme », que « Le début du chapitre est une mise en activité fondée sur un court exercice d’observation, [qu’]il faut y présenter trois ou quatre questions sur une figure qu’il faut observer », etc.) ;
    • la répartition des chapitres par auteur ;
    • le calendrier de remise des chapitres et des différentes interventions.
  • On ajoute dans la charte, ou en annexe, des indications techniques et éditoriales pour les auteurs, qui concernent le mode de remise des manuscrits, la rédaction et les images : souci de clarté, phrase simple, calibrage respecté…, mais aussi des précisions comme « Remettre son manuscrit dans un fichier Word unique, intitulé ainsi : CO1 », « Donner les références très précises des images ou leur dessin, selon ce modèle : … », etc.

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Séquence 13 : les outils de l’assistant éditorial

Coordonner les calendriers

  • L’assistant éditorial collabore avec une équipe d’intervenants dont chacun a un rôle précis et c’est lui qui organise leur travail et le valide. Sa difficulté principale est donc d’arriver à accorder les calendriers de chacun, pour que le maquettiste ait du travail en continu, que le correcteur (souvent une correctrice) ne doive pas relire tout d’un coup, etc. Il doit veiller à étaler les remises des travaux de chacun et c’est parfois un véritable casse-tête.
  • Un tableau de suivi des étapes d’élaboration du manuel est indispensable pour ne rien oublier. Il peut prendre la forme d’un rétroplanning. Sur un tableau Excel, les parties et chapitres du manuel sont listés dans une colonne et les différentes étapes qu’ils doivent parcourir sur une ligne. Chaque étape contient des dates de début et de fin, calculées en fonction du bon à tirer (BAT). Chaque semaine, un point est fait avec les dates réelles, par élément du manuel, du début et de la fin de l’étape. Cela permet de vérifier le nombre de manuscrits en cours de rédaction, en cours de mise en pages, en cours de correction, les manuscrits que l’on a commencé à illustrer, etc. Voici un exemple de rétroplanning.

Le chemin de fer

  • Autre outil indispensable de l’éditeur : le chemin de fer. Un chemin de fer est un document sur lequel figure à la queue leu leu toutes les pages d’un livre, et où la page de droite et la page de gauche en vis-à-vis sont accolées. Cela constitue une sorte de train avec des wagons, d’où le nom. Il permet de vérifier l’alternance page de droite/page de gauche et de visualiser la répartition des illustrations, ainsi que de contrôler la pagination de l’ouvrage.
  • Dans le scolaire on préférera utiliser un tableau Excel qui reprend l’intégralité des parties et chapitres du manuel, avec un suivi automatique du foliotage : on liste dans le tableau les différentes parties du manuel, comme un sommaire, et on y associe un nombre de pages. Cela permet de s’assurer que chaque partie du manuel contient le nombre requis de pages et commence au bon endroit (en effet, dans un manuel, on commence souvent les chapitres toujours sur la même page, paire ou impaire et il faut donc contrôler le folio). Cela permet aussi, quand ce nombre de page ou ce folio bouge pour un chapitre, de surveiller l’impact sur les autres chapitres et sur la pagination totale du manuel.
  • D’une manière générale on a tendance, au cours de l’édition d’un manuel, à avoir besoin de plus de pages que ce qu’on avait prévu. Si on a fait un chemin de fer en utilisant le maximum de pages possible par rapport aux contraintes de l’impression, on risque de se trouver coincé. Il vaut donc mieux garder une réserve quand on crée le chemin de fer ; par exemple, pour un ouvrage de 96 pages, composés de 2 cahiers de 48 pages à l’impression, il vaut mieux faire un chemin de fer sur 90 pages et compter 6 pages blanches de réserve.

Suivi de l’iconographie

  • Un troisième outil indispensable pour les manuels de collège et lycée : un tableau de suivi de l’iconographie. Ce tableau nomme chaque image (dessins, photos…) et précise à quel stade en est la commande et quel est le crédit (pour les photos).
  • Cela permet de suivre avec précision les étapes de l’illustration, ce qui est essentiel quand on a recours a des dizaines d’images. Voici un exemple de tableau de suivi de l’iconographie.

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Séquence 12 : le rôle de l’assistant éditorial

Un rôle essentiel

  • C’est l’assistant éditorial (communément appelé « éditeur ») qui assure le suivi éditorial du manuel. Son travail sur les manuscrits implique une collaboration avec différents intervenants.
  • Outre la collaboration avec les auteurs, dont nous détaillons ci-dessous les principales difficultés, il prend en charge la concertation avec le graphiste (préparation de copie pour la mise en pages et pointage essentiellement) et la fabrication (sur les images notamment). Il travaille également avec le correcteur et s’occupe des documents. (Voir également à ce sujet « Éditer, c’est créer » dans la séquence 1, ainsi que la séquence 2.)

Les tâches de l’assistant éditorial

  • L’assistant éditorial est au cœur de l’élaboration du contenu et de la forme interne du manuel. Il adapte les manuscrits et dirige le travail des intervenants qui vont apporter leur contribution au manuscrit initial. En effet, les manuscrits des auteurs vont être transformés de multiples fois avant de devenir des chapitres publiés et c’est l’assistant éditorial qui supervise les opérations et les interactions entre les différents intervenants. Voici l’ensemble des tâches que prend en charge l’assistant éditorial.
  • Dans les petites structures, l’équipe d’auteurs est en général récente, et l’assistant éditorial chargé du suivi de l’ouvrage aura bien souvent un rôle de rédacteur lui-même, corrigera et amendera le texte, travaillera avec les auteurs de manière étroite, car ceux-ci n’auront pas encore l’habitude de rédiger un manuel et ce sera à l’éditeur de les former, voire parfois de s’y substituer. Souvent, même s’il y a un directeur d’ouvrage, celui-ci n’a pas assez d’expérience pour partager avec l’éditeur le travail de supervision du manuel.

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Séquence 10 : le rôle de l’éditeur et du responsable éditorial

Un chef d’orchestre

  • Comme nous l’avons vu dans les séquences 1 et 2, l’emploi du mot « éditeur » concerne soit le directeur de la maison d’édition, soit le responsable éditorial, soit l’assistant d’édition. Ces personnes sont les chefs d’orchestre de l’ensemble des interventions qui ont lieu au cours de l’élaboration d’un manuel. Voici un schéma des intervenants qu’ils coordonnent.

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Les fonctions du chef d’orchestre

  • Le directeur de la maison d’édition et le responsable éditorial - qui peuvent être une seule et même personne dans les petites structures - s’occupent essentiellement de choisir ce qui va être publié, de prévoir budget et contrats, de définir la force de vente à mettre en œuvre et de lancer le projet de manuel. Quand l’équipe est formée et quand l’assistant éditorial se met au travail, ils supervisent le bon déroulement des opérations. Bien souvent, ils apportent leur aide et font eux-mêmes de l’édition. Voici leurs différentes fonctions dans la phase éditoriale « amont ».

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Les interactions du chef d’orchestre

  • En dehors de cette phase « amont » qui aboutit à la création de la charte éditoriale, ils endossent un rôle de superviseurs et se consacrent aux autres secteurs impliqués dans la publication d’un manuel (à savoir la fabrication et la commercialisation, et, en amont, les aspects juridiques et financiers). Ils sont ainsi amenés à être en contact avec tous les intervenants de la publication d’un manuel, dont voici la liste.

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Séquence 9 : l’auteur

Le directeur d’ouvrage

  • Dans les maisons d’édition bien implantées dans le scolaire, des équipes d’auteurs sont formées de longue date, avec des personnes habituées à collaborer.
  • Elles sont dirigées par des directeurs d’ouvrage, mais également par des directeurs de collection, qui apportent leur expertise dans la discipline des manuels de plusieurs classes se suivant (sixième, cinquième, quatrième, troisième par exemple). Ils sont connus pour leurs recherches et leurs travaux ou leurs prises de position sur un sujet et font office de caution scientifique.
  • Le directeur d’ouvrage participe à l’élaboration du concept du manuel puis sert d’intermédiaire entre les auteurs et l’éditeur : il chapeaute l’équipe d’auteurs, supervise la rédaction des manuscrits, veille à l’harmonie et à l’exhaustivité de l’ensemble, à la qualité pédagogique du manuel. Cela laisse à l’éditeur le temps de s’assurer de la bonne exécution de la mise en pages, de la correction, de la photogravure, etc., et lui permet de moins avoir à retoucher le texte et l’organisation générale du manuel.
  • Plus précisément, le directeur d’ouvrage accomplit les tâches suivantes :

L’équipe de rédacteurs

  • L’équipe d’auteurs est une équipe de rédacteurs. Le terme « rédacteurs » ne signifie pas qu’ils ne font qu’écrire : ils choisissent des images, ou proposent des idées pour en faire réaliser. Ils sélectionnent également des textes (en français par exemple). Ce sont des fournisseurs de contenu. Ce sont eux qui vont créer la matière première sur laquelle l’assistant éditorial et les autres personnes impliquées dans l’édition du manuel vont travailler.
  • Ce qu’ils remettent à l’éditeur la première fois ne ressemble pas du tout à ce qui sera publié au final ! Ils participent aussi aux changements qui sont faits dans leurs manuscrits tout au long de l’avancée de l’édition du manuel.
  • Quand il y a un directeur d’ouvrage, les auteurs peuvent être plus en retrait et avoir des rapports indirects avec l’assistant éditorial et les autres intervenants. Mais quand ce n’est pas le cas l’assistant éditorial les sollicite beaucoup au sujet des opérations pratiquées sur leurs manuscrits.
  • Voici une liste des tâches qu’ils prennent en charge.

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  • Cela dit, il faut bien percevoir que, hormis dans le cas où le manuel est pris en charge par un directeur d’ouvrage chevronné, la responsabilité du manuel incombe avant tout à l’assistant éditorial, qui va transformer l’expérience de professeur des auteurs en un outil pédagogique.

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Séquence 8 : lire un programme

L’évolution des curricula

  • Les manuels scolaires sont le miroir d’un programme, lui-même faisant partie d’un curriculum délivré par l’Éducation nationale.
  • Les nouveaux curricula correspondent à une réforme. La réforme elle-même est due à un changement social ou à une évolution des approches éducatives, qui impliquent un repositionnement des enseignements par rapport à la mission qu’on attribue à l’éducation à un moment donné. Parfois, le programme, lui, change juste pour que son contenu s’adapte à une réalité qui a évolué.
  • Les programmes sont conçus par une commission d’experts, des universitaires qui travaillent sur la didactique et les contenus des enseignements.
  • D’un enseignement centré sur des savoirs transmis par le maître aux élèves, nous sommes passés ces dernières décennies à un enseignement faisant participer ceux-ci.
  • La pédagogie par objectifs (PPO), initiée aux États-Unis par Ralph Tyler en 1935, a supplanté l’enseignement traditionnel. Elle fixe des objectifs d’apprentissage clairs et mesurables, qui permettent d’évaluer cet apprentissage. L’enseignement est décomposé en plusieurs tâches à savoir faire (« compter jusqu’à 100 », « lire un texte de cent mots », etc.).
  • L’approche par compétences (APC), apparue dans les années 1960, a succédé à la pédagogie par objectifs, accusée de trop cloisonner les savoirs et les activités et de faire la part belle aux situations scolaires et non à la vie réelle. L’APC privilégie l’apprentissage de capacités et de savoir-être (life skills) permettant aux élèves de s’insérer dans la vie économique. Elle oriente l’apprentissage vers la réalisation réussie de tâches faisant appel à divers savoir et savoir-faire. L’élève expérimente une situation pour apprendre un comportement. Elle a donné lieu à des réformes des curricula dans les pays africains depuis 1995.
  • On adapte depuis quelques années l’APC et on met en place une pédagogie de l’intégration, ou approche par compétences de base : les programmes définissent des familles de situations à partir desquelles l’enseignement participatif est prodigué. Cette pédagogie comprend une activité d’intégration de l’apprentissage (exercice reprenant ce qui a été fait).

La structure et le contenu d’un programme

  • Prenons par exemple un programme français d’histoire-géographie-éducation civique, choisi pour la simple raison qu’il est accessible en ligne (cliquer ici) ou consultons directement le programme de la classe de sixième (cliquer ici).
  • Après une partie introductive axée sur le contexte d’enseignement (rappel de ce qui est fait au primaire par exemple) ainsi que sur la démarche et les enjeux de la discipline, un tableau listant les thèmes d’étude est présenté. Il répertorie :
    • les connaissances précises que doit acquérir l’élève sur le thème, des exemples très précis sont parfois fournis ;
    • les démarches pour ce faire : le programme expose la méthode la plus adaptée à chaque connaissance, donne même des exemples de ce qui peut être étudié ;
    • les capacités que doit développer l’élève et qui doivent être évaluées.
    • Il définit également un horaire d’enseignement global ainsi qu’un temps d’enseignement pour chaque thème.
  • Le programme peut être plus ou moins précis, des pages entières peuvent être consacrées à l’exposition de la démarche pédagogique et de l’enjeu de la discipline, surtout en cas de réforme de tous les programmes. Il indiquera toujours l’esprit de l’enseignement et sa finalité, et fournira un tableau avec la liste des savoirs et un volume horaire.
  • L’esprit et la finalité de l’enseignement aident les auteurs à imaginer le concept du manuel. La liste des savoirs et des capacités à évaluer serviront de plan au manuel qui calquera sa structure sur les tableaux du programme. Ce plan proportionnera le nombre de pages de chaque élément du manuel en fonction du volume horaire précisé.

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Comment répondre à un appel d’offres en scolaire ?, 2008

À travers une démarche pas à pas, enrichie d’exemples et accompagnée d’une méthode pédagogique, Stéphane Marill nous livre un « vade mecum » précieux pour tout éditeur souhaitant postuler à un appel d’offres concernant la production d’ouvrages scolaires.

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Séquence 7 : recruter une équipe d’auteurs

Des fonctionnaires à double casquette

  • Les auteurs de manuels scolaires sont en général des fonctionnaires de l’Éducation nationale. Ils sont professeurs en activité ou à la retraite, participant à la rédaction des programmes, faisant partie de comité de réflexion sur l’éducation ou la pédagogie, chercheurs, cadres de l’enseignement ou simples enseignants ayant une pratique éprouvée de la classe.
  • Les auteurs doivent avant tout posséder une expérience de l’enseignement, que ce soit par une pratique de la classe (indispensable) ou par une réflexion pédagogique, qui ne suffit pas pour autant à elle seule.

Quelle équipe pour quelle réussite ?

  • Les auteurs constituent une équipe de quelques personnes travaillant à un même manuel et à son livre du professeur. En effet, en général il y a plusieurs auteurs, de deux minimum à environ une dizaine. Cela est dû :
    • à la lourdeur de la tâche à accomplir : on peut considérer qu’une page de manuel correspond à quatre pages différentes, c’est-à-dire qu’elle aura été remaniée (réécrite, avec un dessin refait, etc.) trois fois avant d’atteindre sa forme définitive et son contenu final ;
    • au peu de temps imparti pour faire ce travail : les manuels devant arriver en classe à une date précise, il est hors de question de repousser la date de départ chez l’imprimeur, quitte à travailler la nuit !
    • Par ailleurs, un même manuel peut contenir plusieurs spécialités (histoire et géographie, algèbre et géométrie…) dans lesquelles un auteur se sentira plus à l’aise qu’un autre.
       
  • L’idéal est de former une équipe comprenant un directeur d’ouvrage (voir ses fonctions en séquence 9) et deux à quatre auteurs.
  • Au-delà de cinq personnes, les interactions (envois de courriers, appels téléphoniques, réunions de travail) commencent à être trop nombreuses et, en dessous de deux, la charge de travail est trop lourde. Tout dépend, cependant, du manuel considéré, de la classe et de la matière. Pour un manuel d’histoire destiné aux terminales, on aura facilement plus de cinq auteurs, tandis que deux auteurs suffiront parfois pour un ouvrage de mathématiques destiné aux CP. Il est rarissime qu’un seul auteur prenne en charge tout un manuel et son livre du professeur. 
  • Deux types d’équipes peuvent être constituées :
    •  une équipe d’auteurs de statut équivalent. Dans ce cas, chaque auteur a un rapport direct avec l’assistant éditorial qui chapeaute l’ensemble du travail et veille au calendrier comme à la qualité du contenu, ainsi qu’à la bonne réalisation de la mise en pages, de la correction et de l’illustration ;
    •  une équipe d’auteurs avec un directeur d’ouvrage. Le directeur d’ouvrage travaille avec l’éditeur (directeur de maison d’édition ou responsable éditorial) à élaborer le concept du manuel puis fait l’intermédiaire entre l’assistant éditorial et les auteurs, et veille au calendrier comme au contenu du manuel.
       

Comment trouver des auteurs ?

  •  Pour choisir des auteurs, trois moyens sont à votre disposition :
    •  faire appel à un professeur expérimenté et de confiance qui va constituer son équipe d’auteurs parmi ses relations ;
    •  faire appel à différents professeurs qui ont déjà réalisé des manuels ou ont une pratique de la rédaction de manuels scolaires ou de livres éducatifs et les tester ;
    •  choisir des professeurs en activité et les tester.
       
  • L’idéal est de constituer une équipe de personnes qui se connaissent : une personne ayant une expérience du manuel scolaire (en qui on a confiance pour avoir déjà collaboré avec elle, par exemple), choisit de deux à quatre confrères pour constituer son équipe. Souvent, cette personne endosse alors le rôle de directeur d’ouvrage.
  • Le profil type d’un directeur d’ouvrage est celui d’un professeur, en activité ou non, qui a eu des responsabilités dans la formation des enseignants, comme cadre de l’enseignement ou rédacteur de programmes. Il a déjà rédigé des livres éducatifs, que ce soit des manuels, des ouvrages parascolaires ou des livres de pédagogie. Pour trouver un directeur d’ouvrage, il faut :
    •  consulter les manuels existants et rencontrer les auteurs de ces manuels qui ne travailleraient plus avec l’éditeur ;
    •  consulter les ouvrages parascolaires ou de pédagogie connaissant un certain succès et rencontrer leurs auteurs ;
    •  dans les pays où l’État fournit un premier contenu et quand l’éditeur doit reprendre le travail avec une équipe d’auteurs : rencontrer les rédacteurs des contenus des manuels ;
    • rencontrer des rédacteurs de programmes quand ceux-ci sont des professeurs ou ont eu une pratique de l’enseignement.
  • Une fois que le contact a été établi, plusieurs rencontres sont nécessaires pour évaluer la capacité de la personne à diriger une équipe d’auteurs et à transformer ses compétences de professeur ou de théoricien de la pédagogie en qualités de concepteur de manuel scolaire. 
  • Il faut partir du principe qu’un bon auteur est d’abord un bon professeur :
    •  un professeur qui a réfléchi à sa pratique de l’enseignement, qui sait « ce qui marche et ce qui ne marche pas » avec les élèves ;
    •  qui utilise et connaît bien les manuels scolaires ;
    •  qui a une pratique des programmes, et qui les a analysés.
  • Mais cela ne suffit pas : un bon auteur possède aussi la capacité de transformer toutes ses qualités de professeur et sa faculté d’analyse en un travail de conception d’outil destiné à une classe d’où il sera absent, menée par un professeur qui ne sera pas lui.
  • C’est la difficulté essentielle de l’élaboration d’un manuel : arriver à s’abstraire et à constituer quelque chose pour un autre que celui qui le crée. Il faut penser à la place des milliers de personnes qui consulteront et utiliseront ce manuel sans pouvoir communiquer avec son concepteur, dans des conditions souvent bien différentes de ce qu’on imagine quand on rédige et quand on organise des chapitres !
     
  • Il est rarement judicieux de travailler avec des universitaires, car on a plus besoin dans un manuel d’une pédagogie présentant des contenus adaptés aux élèves que d’une expertise scientifique exhaustive. Or, les universitaires ont tendance à faire le livre en pensant à leurs confrères de l’université plutôt qu’aux élèves qui se serviront du manuel, ce qui les conduit à écrire eux-mêmes, ou à exiger des auteurs de l’équipe des contenus non adaptés au niveau d’enseignement. Bien sûr, si un universitaire a été ou est également professeur dans la classe du manuel, alors l’appréciation de son apport est différente.
     
  • Quand on n’a pas la possibilité de trouver un directeur d’ouvrage qui constituerait son équipe, il faut recruter différents auteurs qui ne se connaissent pas forcément et tester leurs capacités. Afin de trouver des professeurs qui deviennent auteurs, on peut :
    •  demander aux établissements voisins ou à ses relations si des professeurs sont actifs dans l’analyse de leur enseignement ou exercent une autre activité témoignant d’un goût pour leur métier ;
    • assister à des cours de ces professeurs en demandant un droit d’accès au directeur d’école ;
    •  consulter Internet à la recherche de professeurs qui auraient une activité sur le Net (qui proposeraient des ressources à des élèves ou à d’autres professeurs, etc.) ;
    • consulter les manuels existants et rencontrer les auteurs de ces manuels qui ne travailleraient plus avec l’éditeur ;
    •  consulter les ouvrages parascolaires ou de pédagogie connaissant un certain succès et rencontrer leurs auteurs.

Comment s’assurer de la qualité des auteurs ? Le questionnaire

  • Voici un exemple de questionnaire reprenant les questions qui doivent être posées lors des entretiens avec un auteur potentiel.
  • Pour évaluer la capacité du directeur d’ouvrage à manager une équipe :

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  • Ces questions permettent de vérifier si un professeur possède les compétences techniques et relationnelles, ainsi que la motivation, nécessaires à la conception d’un manuel. Cependant, beaucoup d’auteurs potentiels n’ont pas forcément de réponse pertinente à toutes ces questions sans pour autant être de futurs mauvais auteurs.
  • L’impression générale, bonne ou mauvaise, compte beaucoup également : le travail sur un manuel est une aventure humaine qui demande cordialité, souplesse, motivation et intelligence, en plus de la considération pour les manuels, les élèves et la matière. Un test permet également de se faire une bonne idée de la qualité d’un auteur.

Comment s’assurer de la qualité des auteurs ? Le test

  • Si le professeur n’a pas encore été auteur de manuel, il est préférable de le tester. Pour cela, il faut lui donner un modèle de chapitre (une page double de cours ou d’expériences selon la matière et une page double d’exercices, une page de compléments avec des indications de calibrage du texte, de nombre d’images et de nombre d’exercices) et un sujet à traiter. Selon la matière, il devra rédiger :
    •  un cours (histoire, géographie, français, langue…) ;
    •  des questions sur des images qu’il aura associées au cours ;
    •  une activité (sciences) ;
    •  quelques exercices, dont un de découverte et un d’évaluation ;
    •  un sujet d’activité complémentaire.
  • Le mieux est de reprendre un modèle de chapitre d’un manuel existant dans la matière et la classe (venant de l’étranger s’il n’y en a pas encore dans le pays) et de s’en inspirer pour faire faire le test.
  • Déroulement du test  : l’auteur potentiel rencontre l’éditeur, puis il prépare un manuscrit chez lui à partir des indications de l’éditeur, il le lui apporte ou le lui envoie. Une fois seul, l’éditeur lit son travail et l’évalue. Puis, il « fait un retour » à l’auteur, en le rencontrant de nouveau ou à distance.
  • Quand on reçoit le test, on peut s’aider de manuels existants pour juger de sa qualité. Il faut particulièrement faire attention aux éléments suivants :
    •  le sujet est-il bien celui qui devait être traité ?
    •  les points importants de ce sujet apparaissent-ils ?
    •  la structure du chapitre est-elle claire ?
    •  la hiérarchie des titres et des éléments est-elle nette ?
    •  la progression : le manuscrit va-t-il du plus simple au plus complexe ou en tout cas adopte-t-il une démarche clairement perceptible ?
    •  le calibrage respecte-t-il ce qui était demandé ou est-il légèrement supérieur ?
    •  les consignes livrées ont-elles été observées ?
    •  le niveau de langue employé correspond-il à la classe ?
    •  les phrases sont-elles assez courtes, leur syntaxe est-elle simple ?
    •  le vocabulaire : les mots employés le sont-ils à bon escient ? sont-ils connus des élèves ?
    •  l’orthographe est-elle juste ?
    •  les images sont-elles pertinentes ?
    •  les questions sur les images sont-elles intéressantes ?
    •  expérience ou exercice : est-ce intéressant ? original ? simple ?
    •  les consignes sont-elles faciles à comprendre ?
    •  les questions sont-elles claires ?
    •  peut-on y répondre ?
    •  les exercices varient-ils les approches ? présentent-ils bien des niveaux de difficultés différents ?
       
  • L’idéal est de faire lire ces tests à un autre professeur pour recueillir son avis, ou à un autre auteur déjà sélectionné.
     
  • Il peut être utile de tester également le directeur d’ouvrage en lui montrant un cours, avec des illustrations et des exercices, et en lui demandant ce qu’il en pense, quelles sont les améliorations qu’il apporterait (véracité scientifique, approche des questions, pertinence du choix des images, niveau du cours, style, etc.).

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