En octobre 2024, les membres de l’Alliance ont décidé de créer un espace de solidarité avec les professionnel·les du livre en Palestine, afin que les voix palestiniennes soient entendues, que la littérature palestinienne soit mise en valeur et que les acteur·rices du livre en Palestine puissent y être représenté·es.
Cet espace n’est pas figé et se concrétise de différentes manières. En 2026, l’Alliance propose un catalogue de titres sur la Palestine (titres édités par des maisons d’édition palestiniennes et/ou au sujet de la Palestine). Ce catalogue se nourrit des titres proposés et recommandés par des membres de l’Alliance. L’objectif premier de ce catalogue est de favoriser les projets de cessions de droits, de coéditions et de traductions des titres édités en Palestine ou sur la Palestine. Il sera régulièrement alimenté et actualisé.
En juin 2025, des éditeur·rices arabophones (dont des éditeurs palestiniens) et francophones réuni·es à Tunis dans le cadre de rencontres organisées par l’Alliance ont présenté des titres de leur catalogue sur la Palestine, dans l’optique d’échanges de droits (cessions de droits, coéditions, traductions).
Droit de lire, de résister, d’espérer La jeune génération prend la parole
Initiées par l’Alliance internationale de l’édition indépendante, les Assises de Fès sont orchestrées avec les éditions En toutes lettres au Maroc, qui ont porté la candidature de Fès pour accueillir ce prochain grand événement.
Fils rouges des Assises 2027 de l’Alliance Renforcer et promouvoir les valeurs de l’Alliance
En 2021, alors que le monde entier vivait au rythme de l’épidémie de Covid, se préparaient les Assises 2021 de Pampelune, autour d’un mot clé : REpenser. Comment se construirait l’édition indépendante « d’après » ? Quelle serait la responsabilité des éditeur·rices indépendant·es dans les transitions et transformations de demain ? Comment (ré)affirmer le rôle de la bibliodiversité dans la construction de sociétés plus émancipées, plus libres, plus justes ? La Déclaration issue des Assises de Pampelune traduisait (et traduit encore) la volonté collective des éditeur·rices indépendant·es d’œuvrer « Pour une édition indépendante décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire » rappelant leur engagement pour le caractère culturel, social et politique du livre et de la lecture ; la démocratisation du livre dans les sociétés ; la lecture comme pratique émancipatrice qui forge l’esprit critique de citoyen·nes, acteur·rices au sein de leur société.
Suite aux Assises 2021, sont nés un Guide des bonnes pratiques, des groupes de travail thématiques au sein de l’Observatoire de la bibliodiversité, le salon Babelica dédiée à l’édition indépendante à l’échelle internationale, des projets de traductions et de coéditions, des cartographies, des analyses, des ateliers, des rencontres... En parallèle, le réseau de l’Alliance a grandi et accueilli de nouvelles maisons d’édition (notamment en Asie et dans le monde arabe). Il s’en passe des choses en 6 ans.
Les Assises poursuivront ainsi les travaux et réflexions qui sont au cœur du réseau de l’Alliance autour des enjeux (écologie du livre, politiques publiques du livre, liberté d’éditer, éditions solidaires, numérique/IA…) et des engagements portés par les éditeur·rices indépendant·es.
• La passion aux dépens de la santé (mentale, financière, physique…) ?
• Quel livre pour quel lecteur/quelle lectrice ?
• Les dons de livres, où en est-on ?
• Quelles alternatives pour faire face au piratage industriel ?
• Quelles usages et pratiques de l’IA pour l’édition indépendante ? Quelles alternatives « éthiques » possibles ?
• Quelles sont les bonnes pratiques écologiques pour les maisons d’édition indépendant·es ?
• Quelles traductions des langues dites « minorées/minoritaires » vers les langues dominantes ?
Inclure et accueillir ; faire dialoguer et donner la voix/voie
Les Assises 2027 sont également façonnées à partir de plusieurs mots clés : les jeunes dans la rue / Gen Z / les voix LGBTQIA+ / la censure (et le contournement de la censure) / la santé mentale / le bien-être / les safe space / l’inclusion / l’esprit critique…
Un monde chaotique et abîmé
Depuis 2021, de nouveaux conflits ont éclaté dans le monde ; la violence de la guerre est devenue le quotidien de plus en plus d’éditeur·rices. La montée des nationalismes, des conservatismes et des autoritarismes s’est répandue dans les sociétés, insufflant des courants de racisme et de sexisme, mettant en danger toutes les diversités (de genre, religieuses, culturelles, etc.). Les catastrophes naturelles se sont multipliées, nous laissant spectateur·rices impuissants d’une crise climatique annoncée. Des empires financiers et technologiques se sont formés et consolidés, imposant une standardisation des contenus, fragilisant l’écosystème actuel du livre, limitant les libertés d’expression et l’esprit critique.
C’est dans ce monde de plus en plus chaotique et abîmé que nous sommes 6 ans après… Un monde où il devient difficile de s’écouter, de dialoguer, de ne pas être d’accord. Un monde où le débat d’idées et les livres sont menacés (voire interdits), où la censure (et l’auto-censure) empêchent une pluralité de points de vue et de témoignages…
Des espaces de solidarité et de résistance
Dans ce contexte de replis, de difficultés voire de dangers pour l’expression et la représentation de toutes les diversités, les espaces de solidarité et de résistance à petite ou grande échelle sont nombreux et font beaucoup de bien. Ces safe spaces peuvent aider, sont fédérateurs et porteurs d’espoirs. Ce sont ces espaces de solidarité et de résistance que les prochaines Assises internationales de l’édition indépendante mettront au cœur de leurs préoccupations et débats.
• Comment résiste-t-on ensemble ?
• Quels sont les moyens de contournement des atteintes aux libertés ?
• Quel rôle social et politique le livre et l’éditeur·rice joue-t-il ?
• Comment dialogue-t-on de sujets complexes et sensibles dans un contexte interculturel ?
• Comment édite-t-on en contexte de crise, de guerre ?
• Comment prend-on soin de nous, de ces espaces de solidarité ?
D’autres voix/voies
Un monde malade et injuste que les jeunes générations viennent bousculer : en Indonésie, à Madagascar, au Maroc, au Népal, au Pérou… la Gen Z est dans la rue, revendiquant d’autres possibles, demandant plus de justice sociale, rêvant d’une vie digne. C’est cette jeune génération qui sera la cheffe d’orchestre de ces Assises grâce au partenariat avec l’École de la pensée critique, initiative portée par les éditions En toutes lettres avec la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès. Un groupe d’étudiant.es et de jeunes professionnel·les du livre élaboreront le programme des Assises, animeront les débats et échanges et témoigneront de leurs expériences et points de vue.
• Comment et autour de quels enjeux s’organise la résistance de la jeune génération ?
• Quel rôle et place tiennent les livres et la lecture dans cette résistance – et plus largement pour les jeunes générations ?
• Quelles sont les modes d’organisation et de connaissances de la Gen Z ?
• Quels sont les espoirs et les utopies portés par les jeunes ?
• Comment faire lien (entre les cultures, les générations…) ?
Moment unique pour le mouvement de l’édition indépendante, les Assises mettent en lumière une autre facette du monde du livre, composée d’une multitude de voix, souvent marginalisées et étouffées. Basées sur le dialogue interculturel, la solidarité et la pluralité des approches, les Assises sont un espace de discussions, de réflexions, de recherches et d’actions. Elles permettent d’établir collectivement un portrait de l’édition indépendante mondiale (Amérique latine, Afrique, Asie, Europe, monde arabe et Océanie) : elles donnent le « la » sur les tendances et enjeux qui interrogent le monde du livre – et plus largement, l’état du monde.
Plus d’informations ici (document évolutif, en pleine construction collective ! :
Auteur(s) : Mouneer AL-SHAARANI
Pays de parution : Égypte, Émirats arabes unis, Liban, Syrie, Tunisie
Langue(s) :
anglais
, arabe
, espagnol
, français
Écrit en arabe avec une traduction en français, anglais et espagnol, ce livre est coédité par 5 membres du réseau arabophone de l’Alliance internationale de l’édition indépendante (Atlas Publishing, Damas ; Arab Diffusion, Beyrouth ; El Ain, Le Caire ; Med Ali, Sfax et Mamdouh Adwan, Sharjah).
Après une licence à Sciences Po Rennes et une année d’échange universitaire au Chili, Eulalie Patat poursuit actuellement un Master 2 Cultures et Transitions à Sciences Po Rennes. Intéressée par les questions de diversité culturelle, de circulation des savoirs et de politiques du livre, elle s’oriente vers le secteur de l’édition indépendante et engagée. En 2025, elle rejoint l’équipe de l’Alliance internationale de l’édition indépendante en tant qu’alternante.
Plus de 160 maisons d’édition indépendantes de 58 pays prennent part à Babelica : pour celles et ceux qui se demandent ce qu’est la bibliodiversité… en voici un bel exemple à travers la diversité des titres, des langues, des pays, des points de vue, des sensibilités représentés par ces maisons d’édition. Des voix plurielles, souvent invisibilisées, à découvrir ici.
Quelques extraits des tables rondes de cette édition de Babelica : #Palestine
« Même si les livres ont été détruits et brûlés, devenant impropres à la lecture, nous leur avons trouvé une autre utilité. Nous les avons distribués aux habitants pour qu’ils puissent les utiliser comme combustible, afin de pouvoir cuisiner en l’absence de gaz. Les livres se sont ainsi transformés, malgré tout, en un moyen de subsistance » Samir Mansour (Samir Mansour Bookshop & Printing, Gaza)
« Il est crucial de documenter la situation des auteurs : qui a été tué, quelles sont leurs publications ? Il faut honorer les auteurs à Gaza et archiver leur production, sur papier comme électroniquement » Fuad Akleek (Al Raqamia Publishing House, Jérusalem)
« Dès que la guerre prendra fin, nous travaillerons ensemble, main dans la main, pour redonner à la culture sa place dans la bande de Gaza. Nous reprendrons notre rôle avec encore plus de force, pour produire de nouvelles œuvres et reconstituer ce qui a été perdu dans les bibliothèques privées, publiques et collectives. Ainsi, nous transmettrons le flambeau à la nouvelle génération, afin qu’elle le porte armée de culture et de conscience, et non dans l’ignorance de son histoire » Atef Al Durra (Al Kalima Publishing House, Gaza)
#Freedom to publish
“When the statehood is in danger, and when we see the aggressor is investing so much money in propaganda and in the destruction of our culture, our language, everything, we are forced to impulse censorship because that’s the way to survive and to protect what is ours. In peaceful time, the question of censorship will be a totally different point of discussion but right now, unfortunately, that’s the need” Slava Svitova (Creative Women Publishing, Ukraine)
« Face à ce libéralisme autoritaire, qui se présente sous la forme de grands groupes éditoriaux médiatiques, il nous a semblé important de penser notre multiplicité et nos spécificités. Contre la concentration, il nous faut penser la dispersion, entendue comme une multitude de solidarités » Zoé Monti (coéditrice du livre Déborder Bolloré, éditions Les Prouesses en France)
“When we chose to not publish in Urdu and to publish in English, that’s the big self-censorship that we have” Saeed Husain (Folio Books, Pakistan)
« De tous temps on a beaucoup appris l’histoire de la colonisation, etc. mais maintenant, on veut ancrer nos valeurs sur la civilisation africaine, béninoise » Prudientienne Houngnibo Gbaguidi (librairie Savoir d’Afrique au Bénin)
“Writers who are critical of the government, of policies, writers who express their identity are facing censorship, imprisonment, judicial, arrests. Governments use security laws to shoot down critical voices. The main tendencies are digital shot down ; LGBTQIA+ writers are attacked, books are banned – in America last year, we had 10 000 instances of books banned” Romana Cacchioli (PEN International)
« Le féminisme pour moi, ce sont avant tout les femmes de ma famille, qui ont su tracer leur chemin dans une société profondément patriarcale » Marie W. Larose (Dartmouth College, USA)
#Public Book Policies
« This study explores the publishing policies in the Arab world, involving publishing specialists from eleven Arab countries. It focuses on several key themes, including : freedom of expression, the publishing industry, book-related public policies, various forms of censorship, the book-related socioeconomic environment, intellectual property rights and other relevant issues » Hani Altelfah (Al Marfaa, Turkey)
Cette année, la rencontre du CIEI a pour objectif principal la construction collective des prochaines Assises internationales de l’édition indépendante, qui se tiendront à Fès (Maroc) en 2027.
Jean est un membre fondateur de l’Alliance, il a été un de ses piliers, a toujours crû en l’humain, au dialogue, au croisement des langues, des cultures. Fervent défenseur des coéditions solidaires, il a initié et participé à de nombreux projets visant à faire circuler la littérature à travers les pays et les continents.
Il est tellement dur pour l’instant de réaliser que nous ne verrons plus Jean, que son rire ne résonnera plus, que nous ne pourrons plus apprendre de lui. La disparition de Jean nous rappelle la nécessité et l’importance de la solidarité, de l’amitié, de la générosité ; à nous de poursuivre ce chemin, d’être curieux de la vie, de l’autre ; à nous de croire à des utopies.
Un label d’engagement pour réaffirmer le rôle culturel, social et politique du livre et de la lecture
« Conscients de notre responsabilité envers l’avenir de nos sociétés, l’environnement et l’humanité ; convaincus que seule une action commune et solidaire permettra de changer la donne et d’inverser les dynamiques de concentration, de destruction et de domination des uns sur les autres, les membres de l’Alliance internationale de l’édition indépendante réaffirment leur engagement en faveur d’une édition décoloniale, écologique, féministe, libre, sociale et solidaire (voir Déclaration de Pampelune-Iruñea, 2021). À travers ce label, nous exprimons notre devoir de mettre en pratique la durabilité et la bibliodiversité dans chacun de nos livres. »
La valeur ajoutée culturelle, sociale et économique des maisons d’édition indépendantes est souvent peu connue en dehors des professionnels de l’écosystème du livre et de la lecture, et passe inaperçue auprès des lectrices et lecteurs. De même, parmi les maisons d’édition indépendantes, il existe différentes manières de réaliser le travail éditorial, plus ou moins alignées sur les bonnes pratiques de durabilité et de bibliodiversité que défendent les éditeur·rices de l’Alliance internationale de l’édition indépendante.
Dans ce contexte, le réseau hispanophone de l’Alliance internationale de l’édition indépendante a décidé, par le biais de ce label, de communiquer aux lecteur·rices et aux acteur·rices du monde du livre, sur la différence qu’il y a entre publier un livre au sein d’une maison d’édition indépendante engagée et au sein d’une multinationale.
Le label met en évidence trois axes de travail éditorial : écologique, décolonial, social et solidaire. Trois lignes directrices sont élaborées pour chacun de ces axes.
ÉCOLOGIQUE
1. Le livre a été imprimé localement (dans le pays/région où travaille l’éditeur·rice) afin de réduire l’empreinte carbone générée par le transport depuis d’autres latitudes. Il contribue également au développement de l’économie locale.
2. Le tirage du livre a été ajusté au plus près de son potentiel commercial, évitant ainsi le surstockage, qui entraîne un surplus d’utilisation de matières premières et l’augmentation des ressources stockées.
3. Aucune matière plastique supplémentaire n’a été utilisée en dehors de celles requises pour le livre en fonction des conditions climatiques dans lesquelles il a été imprimé, afin de protéger l’environnement, la qualité et la durabilité du livre.
DÉCOLONIAL
1. La maison d’édition publie des ouvrages dans des langues minorées/minoritaires/autochtones favorisant ainsi la pluralité des contenus, la démocratisation de l’accès à la lecture et la circulation des idées au-delà des langues hégémoniques.
2. La maison d’édition coédite avec d’autres maisons d’édition indépendants, dans son propre pays ou dans d’autres pays de même langue, afin de promouvoir le travail en commun, la solidarité et le renforcement des écosystèmes locaux.
3. La maison d’édition est membre d’une association locale et/ou internationale de maisons d’édition indépendants œuvrant au renforcement de la bibliodiversité.
SOCIAL ET SOLIDAIRE
1. À temps de travail égal, l’écart de rémunération au sein de la maison d’édition ne dépasse pas une échelle de 1 à 3, afin de garantir une rémunération équitable entre les salarié·es.
2. Les droits d’auteur sont respectés conformément à la réglementation en vigueur et un revenu équitable a été convenu entre l’auteur·rice et l’éditeur·rice.
3. La publication privilégie l’accès au livre au-delà de la logique du marché, en favorisant la circulation des idées par l’établissement d’un prix juste, qui cherche à déterminer la valeur la plus économique possible de l’œuvre, en tenant compte de la durabilité du livre et du catalogue éditorial.
Un atelier en ligne sur l’écologie du livre, organisé le 3 février 2026.
Cet atelier était proposé par l’Institut de l’Ecoedició (une initiative lancée par Pol·len Edicions, membre de l’Alliance en Catalogne/Espagne).
L’Institut propose des outils analytiques pour gérer et améliorer la publication d’éco-livres. Dans cet atelier, l’équipe de l’Institut partage son expérience et ses pratiques et présente le BookDAPer (une calculatrice environnementale pour le secteur de l’édition).
Young democracies are fragile. How are Eastern European publishing houses fighting against the danger, ideology, hybrid war, propaganda, fake news and violence of the hegemonic forces within the post-communist space and times ? What are the strategies of Ukrainian publishers to empower themselves in the war ? How is Slovakian culture dealing with the incompetent and risky behaviour of several of its leaders ? What are Bulgarian publishers most scared of within their practice ? How can we inspire each other in our coping strategies ? Are local writers able to become again strong voices of their society and change the political heading ? What are the strategies of Eastern European publishing houses to place their work in the global book market ? And what are the main subjects from the post-communist regions that have the potential to enrich the global culture, narrative and storytelling ?
Speakers :
Antoinette Koleva (KX - Critique and Humanism Publishing House, Bulgaria)
Slava Svitova (Creative Women Publishing, Ukraine)
František Malík (BRaK, Slovakia)
Moderated by Barbora Baronová (wo-men, Czech Republic)
At a time when the far right is gaining ground in many countries, when a wind of authoritarianism, conservatism and extremism is spreading, when ultra-capitalist (or ultra-liberal) models are at work, many fundamental freedoms are being called into question. The book industry (and independent publishing in particular) is no exception. What are the consequences of these political, societal and economic shifts for the freedom to write, publish and read ? How are authors, publishers, booksellers and librarians around the world affected by this crumbling of democracy and freedom ? What are the mechanisms for circumventing these attacks on freedoms, the alternatives that have been put in place and the hopes held out by book professionals ?
Speakers :
Romana Cacchioli (Director of PEN International)
Gvantsa Jobava (President of the International Publishers Association)
Maia Simonishvili (Parliamentary National Library of Georgia, member of the IFLA European Regional Committee and the FAIFE Advisory Committee)
Moderated by Kenza Sefrioui (En toutes lettres, Morocco)
Une sélection de ressources « patiemment sélectionnées par l’Association pour l’écologie du livre, pour nous donner des fondations solides dans le champ de l’écologie du livre et de la lecture ». Ces ressources sont consultables sur le Portail des ressources (site Internet de l’Association pour l’écologie du livre).
L’Association pour l’écologie du livre est un collectif de plusieurs centaines de professionnel·les (principalement en France), qui défend l’idée d’une transformation radicale de la filière du livre et de la lecture : décroissance, coopérations, bibliodiversité. Toutes les informations sur l’association sont à retrouver ici.
L’Australian Publishers Association a publié en 2024 un Green Guide consacré aux pratiques durables dans l’édition. Ce document met en lumière les enjeux environnementaux liés à la production et à la diffusion du livre, et propose des recommandations concrètes pour réduire l’empreinte écologique de la chaîne éditoriale : choix des matériaux, impression, distribution, mais aussi sensibilisation des acteurs du secteur.
Consulter le guide complet sur le site de l’Australian Publishers Association : Greener Publishing Guide
Après la publication en 2019 d’une cartographie des politiques publiques du livre en Afrique subsaharienne francophone/Madagascar et en Amérique latine, les éditeur·rices indépendant·es du monde arabe ont le plaisir de vous présenter la cartographie des politiques publiques du livre dans 11 pays de la région : Égypte, Jordanie, Koweït, Liban, Maroc, Oman, Palestine, Soudan, Syrie, Tunisie et Yémen.
Au vu de l’instabilité et de la fragilité socio-politique dans la région, réaliser ce projet était un défi que l’équipe de coordination du projet (Samar Haddad, Atlas Publishing en Syrie ; Fayez Allam en Syrie ; Hani Altelfah, Marfaa for Culture and Publishing en Turquie) a relevé avec détermination et conviction.
(Re)vivre en images le lancement de la cartographie des politiques publiques dans le monde arabe, qui s’est déroulé à la Cité de la Culture de Tunis, en juin 2025.
Objectifs et méthodologie
La cartographie a été développée entre 2018 et 2019 pour les 2 zones suivantes : Amérique latine et Afrique subsaharienne/Madagascar. Un travail d’actualisation des données est entrepris pour ces deux zones depuis novembre 2025. La cartographie a été finalisée en 2025 pour le monde arabe (les données récoltées datent de 2023-2024 pour cette zone-là).
La cartographie propose une approche comparée des politiques publiques du livre dans trois régions du monde – l’Amérique latine, l’Afrique subsaharienne/Madagascar et le monde arabe – et met l’accent sur leur nécessité pour le maintien d’une bibliodiversité dans les zones étudiées. Ces différents panoramas permettent d’avoir une vue globale d’ensemble, notamment à travers les analyses transversales, mais aussi de s’informer plus particulièrement sur les mesures spécifiques à l’œuvre dans chacun des pays, par l’intermédiaire des fiches pays. Ces deux niveaux d’information rendent compte des points communs mais aussi des différences qui existent entre les pays étudiés. Cet outil a notamment pour vocation de favoriser le dialogue entre professionnel·les de l’édition et pouvoirs publics afin de consolider et/ou de développer des politiques publiques dans les pays.
Pour le monde arabe, les données ont été récoltées auprès des professionnel·les du livre et pouvoirs publics dans une vingtaine de pays. Dans beaucoup de cas, les données collectées n’étaient pas suffisamment précises et complètes : si l’absence et/ou la difficulté à obtenir des informations est un élément d’analyse significatif en soi (sur le manque de transparence des dispositifs de soutien au livre, sur le manque de connaissance des professionnel·les du livre des cadres législatifs existants, sur l’absence de politiques relatives au livre, etc.), les informations étaient trop lacunaires pour que ces pays puissent être cartographiés. Cette cartographie présente donc des manques : plusieurs pays représentant un poids économique et culturel très important pour le livre dans le monde arabe ne sont pas (encore) cartographiés. Cette cartographie comporte (sans doute) des inexactitudes, voire des erreurs : plusieurs informations reçues étaient contradictoires et bien qu’elles aient été vérifiées, il était parfois très complexe d’aboutir à des certitudes. Nous nous en excusons par avance et vous remercions de nous faire part de toutes observations et remarques. En effet, la cartographie n’est pas figée et est évolutive : vous avez la possibilité d’y contribuer (cliquez sur « Contribuer » quand vous êtes dans une fiche pays). Si vous souhaitez ajouter un pays à la cartographie, n’hésitez pas à nous contacter par ailleurs : equipe@alliance-editeurs.org
Suite à la récolte de données, un travail d’analyse transversale de ces données a été réalisée par Hani Altelfah (chercheur et éditeur basé en Turquie). Cette analyse se concentre sur plusieurs enjeux clés dont la liberté d’expression, les différentes formes de censure, l’environnement socio-économique du livre, les droits de propriété intellectuelle… Elle est disponible ici en arabe et ici en anglais.
Remerciements
L’Alliance internationale de l’édition indépendante remercie très chaleureusement tout·es les professionnel·les du livre qui ont contribué à ce projet ; Samar Haddad, qui a porté sans relâche ce projet, malgré toutes les difficultés rencontrées et les nombreux moments de doutes ! ; Fayez Allam qui a travaillé en coulisses, avec une immense patience ; Hani Altelfah pour son énergie et la qualité de ses analyses ; Franck Mermier pour sa relecture et ses conseils ; l’équipe de traducteur·rices et correcteur·rices (Dahouk Rukieh, Abdulla Fadel, Anna Akkash) ; Dépli Studio pour la conception du site de la cartographie ; Nouri Abid (Med Ali, Tunisie) pour l’organisation du lancement de la cartographie à Tunis.
L’Alliance remercie enfin l’Open Society Foundations pour son soutien inestimable et la confiance accordée.
When discussing decolonialism in a formal and academic manner, we observe or criticise paradigms that, from a European and Western perspective, fail to take into account the particular characteristics of different societies and cultures, which are also classified as inferior to Western and European standards, particularly colonialist ones. As cultural agents, even if we do not call ourselves that, we can ask ourselves whether our publishing practice is part of that system of coloniality that leads us to want to reproduce, whether imposed or not, what is done by hegemonic cultures, or whether we have consciously distanced ourselves from it.
This raises some questions we can ask ourselves : how much freedom do we have to publish what we want to publish ? Are we really publishing with complete freedom ? If freedom is a concept that comes from Europe, when we publish, do we consciously distance ourselves from the ideas that seem to have been imposed on our non-hegemonic societies ? The book, that object produced by our publishing practice but above all a reflection of our cultural practices, manifests itself in different ways according to the different contexts in which we are immersed. Can we make it a tool for decolonisation, or should it be the one that is “decolonised” ?
The discussion about freedom of publication and decolonial issues from different countries and, therefore, cultures, raises more questions than answers, but it is also an opportunity to reflect on how we position ourselves in the broad publishing ecosystem and, therefore, in bibliodiversity.