En 2014, lors de la rencontre de clôture des Assises internationales de l’édition indépendante (Le Cap, Afrique du Sud), 400 éditeurs indépendants de 45 pays ont signé la Déclaration internationale des éditeurs et éditrices indépendants 2014. Rédigée collectivement en trois langues de travail le 20 septembre 2014 au Cap, la Déclaration 2014 est disponible en plusieurs langues (français, anglais, espagnol, portugais, arabe, farsi, italien...).
Lire ici les 80 recommandations & outils (sur le numérique, les politiques publiques du livre, la littérature jeunesse, l’édition en langue nationale et locale, les partenariats éditoriaux solidaires et le « Livre équitable » et le don de livres) issus des Assises internationales de l’édition indépendante.
La bibliodiversité est la diversité culturelle appliquée au monde du livre. En écho à la biodiversité, elle fait référence à une nécessaire diversité des productions éditoriales mises à la disposition des lecteurs. Si les grands groupes participent, par l’importance quantitative de leur production, à une certaine diversité éditoriale, cela ne suffit pas à garantir la bibliodiversité, qui ne se mesure pas uniquement en nombre de titres disponibles. Les éditeurs indépendants, bien qu’ils se soucient de l’équilibre économique de leur maison d’édition, sont avant tout préoccupés par les contenus qu’ils publient. Leurs ouvrages peuvent apporter un autre regard et une autre voix, à côté de l’offre éditoriale plus standardisée des grands groupes. La production éditoriale des éditeurs indépendants, et les moyens de diffusion qu’ils privilégient (librairies indépendantes notamment) pour la porter aux lecteurs, sont ainsi indispensables pour préserver et enrichir la pluralité et la diffusion des idées. On peut attribuer l’invention du terme bibliodiversité à des éditeurs chiliens, lors de la création du collectif « Editores independientes de Chile » à la fin des années 1990. L’Alliance internationale des éditeurs indépendants a fortement contribué à la diffusion et à la promotion de ce terme en plusieurs langues, notamment grâce aux Déclarations de Dakar (2003), de Guadalajara (2005), de Paris (2007), du Cap (2014) et de Pampelune-Iruñea (2021). Depuis 2010, la Journée internationale de la bibliodiversité est célébrée tous les 21 septembre (jour du printemps dans l’hémisphère Sud).
Des livres déversés sur un marché par conteneurs entiers, des livres produits dans un autre contexte culturel donnés gratuitement aux lecteurs ou aux bibliothèques publiques, la mise en place de succursales locales par des groupes éditoriaux venus d’ailleurs et visant à créer les conditions d’un monopole… À travers quelques exemples d’interventions dommageables pour les marchés éditoriaux en voie de développement, Étienne GALLIAND (fondateur de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants) dresse un panorama des actes de prédation directs ou indirects que subissent les marchés émergents. Un panorama édifiant.
Le label « Le livre équitable » est attribué par l’Alliance à des ouvrages publiés dans le cadre d’accords éditoriaux internationaux respectueux des spécificités de chacun : les coéditions solidaires. Ces coéditions solidaires permettent de mutualiser les coûts liés à la réalisation intellectuelle et physique d’un livre et faire ainsi des économies d’échelle ; d’échanger des savoir-faire professionnels et une expérience commune, tout en respectant le contexte culturel et l’identité des éditeurs ; de diffuser plus largement les ouvrages en ajustant les prix pour chaque zone géographique ou en uniformisant les prix sur une même zone de commercialisation.
La notion d’équité d’expression (Fair speech) complète celle de liberté d’expression (Free speech). Dans un contexte de concentration des médias, les pouvoirs dominants (qu’ils soient politiques, économiques, religieux, idéologiques, etc.) sont en effet les plus représentés et les plus entendus. Le Fair speech défend ainsi un accès équitable à l’expression (par exemple pour les femmes, les groupes historiquement marginalisés, etc.), permettant une réelle diversité des voix. Cette notion a été créée par Betty McLellan dans Unspeakable (Spinifex Press, 2010, Australie), et promue par Susan Hawthorne dans Bibliodiversity : A Manifesto for Independent Publishing (Spinifex Press, 2014, Australie).
La Déclaration de Dakar (décembre 2003) est le texte fondateur de l’Alliance et acte la naissance de l’association. La Déclaration de Guadalajara (octobre 2005) est le fruit d’une rencontre tenue au Mexique, réunissant des éditeurs indépendants du monde latin.
La Déclaration internationale des éditeurs indépendants pour la protection et la promotion de la bibliodiversité (juillet 2007) a été rédigée et signée par les 70 éditeurs présents aux Assises internationales de l’édition indépendante tenues à Paris en 2007.
Ces trois textes, ainsi que la Déclaration internationale des éditrices et éditeurs indépendants de 2014, marquent l’histoire de l’Alliance – ils sont la mémoire et le présent de l’engagement des éditeurs indépendants, leurs textes politiques.
Atlas Publishing (Syrie), Med Ali (Tunisie), Sefsafa Publishing (Égypte), Mamdouh Adwan Publishing (Syrie) et Arab Diffusion Company (Liban) pour une coédition dans le monde arabe, 2026
Les coordinateur·rices des réseaux linguistiques de l’Alliance, réuni·es en un Comité international de l’édition indépendante (CIEI), se réunissent à Paris du 22 au 24 octobre prochain pour la réunion annuelle de gouvernance et de fonctionnement de l’Alliance.
Atlas Publishing (Syrie), Med Ali (Tunisie), Sefsafa Publishing (Égypte), Mamdouh Adwan Publishing (Syrie/Émirats arabes unis) et Arab Diffusion Company (Liban) pour une coédition dans le monde arabe, 2026
Cette année, les ateliers se dérouleront à Rabat à la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc, dans le cadre du Salon international de l’édition et du livre (SIEL, 9-19 mai 2024).
Parmi les thèmes étudiés : l’intelligence artificielle et la bibliodiversité, tour d’horizon de la fabrication de livres audios, sessions dédiées aux cessions de droits et coéditions francophones. Les ateliers auront lieu du 16 au 18 mai et réuniront une quinzaine de maisons d’édition d’Afrique francophone. Les participants participeront à la remise du POLA, qui aura lieu le 18 mai au SIEL.
Découvrir ici le programme détaillé et la liste des participants
Plus de 15 maisons d’édition iraniennes et de nombreux groupes culturels participent à cet événement dans le monde entier (Nuremberg, Vienne, Munich, Cologne, Francfort, Stuttgart, Berlin, Hambourg, Leipzig, Paris, Londres, Bruxelles, Rotterdam, Utrecht, Amsterdam, Helsinki, Stockholm, Oslo, Göteborg, Brême, Malmö, Copenhague, Lubec, Toronto, Montréal, Los Angeles). Cette année, un catalogue collectif présentant les nouveaux titres de 12 maisons d’édition est disponible à la fois en version numérique et en version imprimée.
En partenariat avec la Foire du livre de Bruxelles (Belgique), plusieurs collectifs professionnels (dont l’Alliance) organisent « Éditer en francophonie », ateliers qui se dérouleront les 4 et 5 avril 2024 et réuniront plus de 20 maisons d’édition de toute la francophonie. Au programme : présentation des catalogues des maisons d’édition, échanges d’expériences sur les coéditions solidaires, découverte de l’écosystème du livre belge...
Découvrez ici le programme de ces ateliers et les participants !
L’Alliance remercie très chaleureusement l’Organisation internationale de la Francophonie pour son soutien, permettant la venue de maisons d’édition d’Afrique francophone, de l’Océan indien et d’Haïti à ces ateliers.
L’Alliance collabore régulièrement avec des traducteurs et traductrices (newsletters mensuelles, documents de communication, de gouvernance, etc.), et tout particulièrement avec :
Nathalie COOREN (pour la langue espagnole)
Nathalie Cooren a suivi une formation juridique (maîtrise de droit avec une spécialisation en droit européen et international) et en sciences sociales (master en sociologie des conflits). Après avoir longtemps travaillé dans le domaine des relations internationales où la traduction faisait partie intégrante de son quotidien, elle a décidé d’en faire son métier à temps plein.
Plusieurs années passées à l’étranger, en Amérique latine notamment, l’ont également très tôt sensibilisée à l’importance des langues et à la diversité des cultures. Elle traduit de l’espagnol et de l’anglais vers le français, aussi bien des documents dans les domaines juridique, institutionnel, politique, environnemental, touristique, marketing et bien entendu, éditorial, que des ouvrages (voir notamment « Guide du municipalisme : pour une ville citoyenne apaisée, ouverte »).
Danielle CHARONNET (pour la langue espagnole)
Rachel MATTEAU MATSHA (pour la langue anglaise)
Rachel Matteau Matsha est maître de conférences à l’Université de technologie de Durban (Afrique du Sud). Ses recherches portent sur l’histoire du livre, la sociologie de la littérature, les études sur l’océan Indien et les études postcoloniales. Née au Québec (Canada), elle est titulaire d’une licence en études littéraires de l’Université du Québec à Montréal, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat en littérature africaine de l’Université de Witwatersrand à Johannesburg (Afrique du Sud). Elle est l’autrice de Real and Imagined Readers. Reading, publishing and censorship under apartheid (UKZN Press, paru en 2018). Elle collabore avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants depuis 2013.
Des bénévoles viennent ponctuellement appuyer l’équipe permanente de l’Alliance pour la mise en œuvre du programme d’actions de l’association : nous les remercions infiniment pour leur implication et leur engagement à nos côtés !
Céline ANFOSSI
Céline Anfossi est spécialisée dans la gestion de projets et l’accompagnement. Elle a travaillé dans le secteur du livre, principalement dans l’accompagnement des professionnels (Alliance internationale des éditeurs indépendants, Fill-Fédération interrégionale du livre et de la lecture). Elle continue aujourd’hui d’explorer ces questions, à travers différents types de projets et de publics (femmes en recherche d’emploi, étudiants) et s’intéresse notamment à la thématique de l’insertion professionnelle.
Djamilatou DIALLO
Née à Tahiti, de parents franco-guinéens, Djamilatou a poursuivi ses études à Paris en Lettres et en Histoire (mémoire de Master d’Histoire antique : « Patrons de cités en Afrique romaine du IIIe au Ve siècle : étude épigraphique »).
À long terme, Djamilatou aimerait se spécialiser dans la protection et la valorisation du patrimoine en travaillant pour différents organismes culturels ici ou ailleurs.
Suite à un stage de 5 mois au sein de l’Alliance (réalisation de la WomenList et de la HotList 2018 présentées à la Foire de Francfort et étude sur le marché du manuel scolaire en Afrique francophone), Djamilatou fait aujourd’hui partie des bénévoles de l’association.
Le CIEI se compose des coordinateur·rices des réseaux linguistiques de l’Alliance – ils et elles sont désigné·es par les membres des réseaux linguistiques. Depuis 2011, le CIEI est un organe indispensable dans la gouvernance de l’Alliance, représentant la voix des éditeur·rices. Le CIEI se réunit physiquement une fois par an en présence des membres du Bureau et de l’équipe de l’Alliance. L’ordre du jour est construit à partir des nécessités et des objectifs de l’Alliance, prenant avant tout en compte les besoins et les attentes exprimés par les membres.
Composition du CIEI :
Coordinatrice du réseau arabophone : Samar Haddad, Syrie (Atlas Publishing)
Coordinateur·rices du réseau francophone : Yasmin Issaka-Coubageat, Togo (Graines de Pensées) ; Dieulermesson Petit Frère, Haïti (LEGS ÉDITION) et Marie Michèle Razafintsalama, Madagascar (Jeunes malgaches)
Coordinatrice du réseau hispanophone : Francisca Muñoz Méndez, Chili (Editoriales de Chile)
Coordinatrices du réseau lusophone : Carla Oliveira, Portugal (Orfeu Negro) et Sandra Tamele, Mozambique (Trinta Zero Nove)
Coordinatrice du réseau persanophone : Azadeh Parsapour, Royaume-Uni /Iran (Nogaam)