Intervenant·es :
Salifou Djibo, Niger
Léanne Ramassamy, Martinique
Yoan Francis, Maurice
Ghislain Kabuyaya, République démocratique du Congo (Fleuve de l’Intrigue)
Déborah Pépé, Haïti
Modération par Laëtitia Saint-Loubert (France)
Salifou Djibo : « Ce serait un monde dans lequel aucune littérature n’aurait besoin d’être validée dans un centre extérieur pour être considérée comme légitime. Ce serait un monde dans lequel tous les écrivains africains, caribéens, océaniens, seraient lus pour ce qu’ils écrivent et non pas pour l’image exotique que l’on a d’eux. Décoloniser le livre serait de rétablir une égalité de dignité entre les récits. »
Léanne Ramassamy : « On entend beaucoup parler de la résilience haïtienne, c’est un vrai sujet dans la littérature et l’imaginaire antillais. Mais la résilience a ses limites, les humains ont leurs limites et cette demande de toujours résister encore et encore indéfiniment c’est encore une fois nier la problématique. »
Yoan Francis : « Les auteurs mauriciens, pour se faire reconnaître, doivent publier et éditer leurs textes ailleurs pour qu’ensuite ils aient plus de valeur et de reconnaissance, pour exister et se faire de la place dans ce monde assez compétitif qu’est la littérature. »
Ghislain Kabuyaya : « On se rend de plus en plus compte que les gens ne sont pas vraiment au courant de leur propre réalité, de leur propre histoire. Il y a trop peu de jeunes congolais qui maîtrisent l’histoire de la RDC, alors que beaucoup maîtrisent l’histoire de l’Europe par exemple. […] Tout ça est beaucoup plus lié à l’imaginaire, le mental a été colonisé durant très longtemps. »
Déborah Pépé : « Je pense qu’il faut décoloniser notre rapport à ces thèmes [violence, dénuement, misère] et qu’en tant qu’écrivain·e haitien·ne il nous faut avoir une vision plus large, il faut parler de ces thèmes mais avec une certaine précaution de manière à ne pas réduire la réalité. Il nous incombe de fournir une image plus diversifiée et complexe de cette réalité afin de ne pas alimenter certains narratifs qui veulent réduire la réalité haïtienne à seulement la violence et le dénuement. »
Cette table ronde s’est déroulée dans le cadre de l’édition 2026 du salon du livre Babelica.

















