français

L’Alliance

Le 21 septembre 2015, fêtons ensemble la bibliodiversité !

La 5e édition de la Journée internationale de la bibliodiversité se prépare aux quatre coins du monde.
La vidéo du Jour B est disponible, à diffuser largement autour de vous !
Retrouvez également ici des posters et affiches prêts à l’emploi, que vous pouvez télécharger et utiliser tout simplement ! Des animations et rencontres sont par ailleurs prévues au Mexique, en Argentine, au Chili, au Cameroun, en Colombie, au Venezuela, au Pérou, au Brésil, en Côte d’Ivoire, en Égypte, en Italie…

Suivez les activités du Jour B sur ce blog et sur Facebook. Et tenez-nous informés des activités organisées dans votre pays et/ou dans votre ville !

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7e Sommet des collectifs nationaux hispanophones et rencontre du réseau hispanophone de l’Alliance (en marge du MICA, Argentine), 3-7 septembre 2015

En marge du MICA (Mercado de industrias culturales de Argentina), 20 éditeurs d’Argentine, de Bolivie, du Chili, de Colombie, d’Espagne, des Iles Canaries, du Mexique, du Pérou et d’Uruguay se réuniront à Buenos Aires, grâce aux soutiens du MICA, de la Chambre du livre d’Argentine et des éditeurs argentins membres de l’Alliance. À l’ordre du jour de la réunion : la mise en œuvre des 80 recommandations en faveur de la bibliodiversité dans les pays d’Amérique latine et en Espagne, l’élaboration d’une cartographie des politiques publiques en Amérique latine…
Les éditeurs participeront également aux activités du MICA : échanges de droits, journées dédiées à la coédition, tables rondes sur la concentration éditoriale et la bibliodiversité…

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Bénévoles

Des bénévoles viennent ponctuellement appuyer l’équipe permanente de l’Alliance pour la mise en œuvre du programme d’actions de l’association : nous les remercions infiniment pour leur implication et leur engagement à nos côtés !

Céline ANFOSSI
Céline Anfossi est spécialisée dans la gestion de projets et l’accompagnement. Elle a travaillé dans le secteur du livre, principalement dans l’accompagnement des professionnels (Alliance internationale des éditeurs indépendants, Fill-Fédération interrégionale du livre et de la lecture). Elle continue aujourd’hui d’explorer ces questions, à travers différents types de projets et de publics (femmes en recherche d’emploi, étudiants) et s’intéresse notamment à la thématique de l’insertion professionnelle.

Djamilatou DIALLO

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Née à Tahiti, de parents franco-guinéens, Djamilatou a poursuivi ses études à Paris en Lettres et en Histoire (mémoire de Master d’Histoire antique : « Patrons de cités en Afrique romaine du IIIe au Ve siècle : étude épigraphique »).
À long terme, Djamilatou aimerait se spécialiser dans la protection et la valorisation du patrimoine en travaillant pour différents organismes culturels ici ou ailleurs.
Suite à un stage de 5 mois au sein de l’Alliance (réalisation de la WomenList et de la HotList 2018 présentées à la Foire de Francfort et étude sur le marché du manuel scolaire en Afrique francophone), Djamilatou fait aujourd’hui partie des bénévoles de l’association.

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À venir dès septembre 2015 : une fête, des rencontres professionnelles, un nouveau site Internet...

Une fête, le 21 septembre 2015 !
Le 21 septembre prochain, fêtez avec nous la bibliodiversité.
Pour cette 5e édition de la Journée internationale de la bibliodiversité : des pique-niques, des débats, des lectures, des livres déposés dans des endroits insolites… Et prochainement, une vidéo !
Écrivez-nous pour tout renseignement supplémentaire, ou pour nous faire part des initiatives mises en place dans votre pays !

MICA et rencontre des éditeurs hispanophones de l’Alliance (Argentine), 2-6 septembre 2015
En marge du MICA (Mercado de industrias culturales de Argentina), 16 éditeurs d’Argentine, de Bolivie, du Chili, de Colombie, d’Espagne, des Iles Canaries, du Mexique, du Pérou et d’Uruguay se réuniront à Buenos Aires, grâce aux soutiens du MICA, de la Chambre du livre d’Argentine et des éditeurs argentins membres de l’Alliance. À l’ordre du jour de la réunion : la mise en œuvre des 80 recommandations en faveur de la bibliodiversité dans les pays d’Amérique latine et en Espagne, l’élaboration d’une cartographie des politiques publiques en Amérique latine…
Les éditeurs participeront également aux activités du MICA : échanges de droits, journées dédiées à la coédition, tables rondes sur la concentration éditoriale et la bibliodiversité…
Le programme de la réunion des éditeurs hispanophones sera bientôt disponible sur le site de l’Alliance. Plus d’informations sur le MICA ici !

La rencontre du Comité international de l’édition indépendante - CIEI (Paris), 9-11 octobre 2015
Le CIEI, composé des 6 représentants des réseaux linguistiques de l’Alliance, sera présent à Paris pour 3 journées : gouvernance de l’Alliance, bilan et mise en œuvre des recommandations et projets issus des Assises internationales de l’édition indépendante, rencontre avec les partenaires de l’Alliance, liberté d’expression et d’édition, droits d’auteur en Europe et dans le reste du monde… un programme chargé en perspective !
Le programme du CIEI sera disponible prochainement sur le site de l’Alliance.

Un nouveau site Internet !
Nouveau design, nouvelles fonctionnalités, une partie « Ressources » enrichie : rendez-vous en novembre 2015 pour découvrir le nouveau site Internet de l’Alliance !

L’Alliance sera fermée du 10 au 21 août, très beau mois d’août à vous d’ici là !

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11 éditeurs d’Australie, Afrique du Sud, Bulgarie, États-Unis, Inde, Iran, Royaume-Uni, Syrie et Turquie réunis à Istanbul (Turquie), 11-14 juin 2015

Pays de parution : Arménie, Bulgarie, Iran, Syrie, Turquie

Les éditeurs membres du réseau anglophone de l’Alliance se retrouveront à Istanbul du 11 au 14 juin, aux côtés de confrères européens, iraniens et syriens, pour une rencontre interculturelle autour des enjeux suivants : état des lieux du paysage éditorial des différents pays, meilleure connaissance mutuelle des catalogues des éditeurs indépendants présents, mise en place de projets éditoriaux entre les éditeurs de ces différents pays, échanges et discussions sur l’édition numérique et la liberté d’édition au sein des maisons d’édition.

Cette rencontre est organisée grâce au soutien des éditions Metis Publishers (Turquie), avec le concours de la Chamber of Mechanical Engineers, de Turkish Publishers Association, de Hrant Dink Foundation, de l’UNESCO Melbourne City of Literature.

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La valorisation numérique des catalogues des éditeurs africains francophones, Dakar (Sénégal), 15-19 juin 2015

Du 15 au 19 juin prochain, 17 éditeurs d’Afrique de l’Ouest se réuniront à Dakar (Sénégal), pour un atelier sur la valorisation numérique des catalogues des éditeurs africains francophones. Cet atelier est organisé par le Labo numérique de l’Alliance, grâce au soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie, en partenariat avec Wikimédia France, l’association Afrilivres et l’association des éditeurs sénégalais.
L’atelier comprendra 3 sessions : une formation à Wikipédia (assurée par Georges Fodouop et Donatien Foffi, tous deux membres bénévoles de Wikimédia) ; la mise en valeur des catalogues des éditeurs sur les réseaux sociaux (assurée par Nicolas Gary, directeur de publication du site ActuaLitté) ; la réalisation de sites web pour les maisons d’édition africaines à partir du gabarit web développé par le Labo numérique de l’Alliance (assurée par Mouhammed Diop, développeur sénégalais).

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L’éditeur indépendant de création

L’environnement socio-économique, l’approche historique et le contexte politique sont autant de facteurs à prendre en compte pour appréhender dans sa complexité et ses différentes réalités, la notion d’éditeur indépendant. Les éditeurs indépendants au Chili, en France, au Bénin, au Liban ou en Inde, exercent dans un contexte spécifique, ayant des conséquences directes sur leur activité. Cependant, si les réalités diffèrent d’un pays à un autre, il est possible de s’accorder sur un certain nombre de critères pour définir ce qu’est un éditeur indépendant. L’éditeur indépendant conçoit ainsi sa politique éditoriale en toute liberté, de façon autonome et souveraine. Il n’est pas l’organe d’expression d’un parti politique, d’une religion, d’une institution, d’un groupe de communication, ou d’une entreprise. La structure du capital de l’éditeur et l’identité de ses actionnaires informent aussi sur son indépendance : le rachat de maisons d’édition par des grandes entreprises sans aucun lien avec le métier d’éditeur et la mise en place d’une politique de rentabilité élevée impliquent bien souvent une perte d’indépendance et un remaniement de la ligne éditoriale. L’éditeur indépendant, tel que défini par les éditeurs de l’Alliance, est un éditeur de création : à travers ses choix éditoriaux souvent innovants, sa liberté d’expression, ses prises de risque éditoriales et financières, il participe au débat d’idées, à l’émancipation et au développement de l’esprit critique des lecteurs. En cela, il est un acteur majeur de la bibliodiversité.

À lire aussi : Éditeurs indépendants, de l’age de raison vers l’offensive ?, de Gilles COLLEU, collection « État des lieux de l’édition ».

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Les indépendants au Salon du livre de Paris, 20-23 mars 2015

17 éditeurs indépendants membres de l’Alliance seront présents au Salon du livre de Paris du 20 au 23 mars 2015. L’Alliance et les éditeurs participeront par ailleurs à des rencontres et des tables rondes... Découvrez les participants et le programme ci-dessous !

Et en marge du Salon :
Rencontre partielle du réseau francophone de l’Alliance : perspectives 2015 et échanges sur la « Liberté d’expression, liberté d’édition » :
24 mars 2015, Centre national du livre (CNL) / réservé aux éditeurs membres de l’Alliance

Rencontre avec des éditeurs indépendants du Maghreb ou publiant des auteurs du Maghreb, organisée en partenariat avec la Sorbonne Association Monde Arabe et Hébraïque
24 mars 2015, 19h00, Université de la Sorbonne, amphi Guizot (17, rue de la Sorbonne - 75005 Paris)

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Le programme d’actions de l’Alliance en 2015 !

Partenariats éditoriaux solidaires, espaces collaboratifs, centre de ressources, rencontres humaines et interculturelles... découvrez le programme d’actions 2015 de l’Alliance !

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Observatoire de la bibliodiversité

Séquence 6 : le chapitre

Différents manuels, une même structure

 

  • Comme nous l’avons vu précédemment, le manuel répond à des objectifs précis et à des attentes spécifiques dans sa forme et son contenu, motivés par une pédagogie déterminée (séquence 4).
  • Chaque manuel est différent. Néanmoins, il est possible de classer les manuels en deux catégories selon l’objectif qu’ils doivent atteindre (en fonction de la classe ou de l’usage). Deux constructions types de chapitres sont discernables également, selon la discipline.
  • Le chapitre est la base même du manuel. Un manuel applique une pédagogie choisie en l’appliquant à différents thèmes. Le chapitre résulte de ce choix pédagogique ; il reprend tout au long du manuel la même formule, qui aura été mûrement réfléchie et testée.
  • Ainsi, chaque chapitre traite d’un des thèmes et possède une structure identique à celle des autres chapitres. La caractéristique de la construction des chapitres, outre cette répétition, est que le contenu est très structuré et que cette structure est rendue bien visible.
  • Quelle que soit la formule choisie, le chapitre aura :
    • une structure avec des titres très hiérarchisés : bandeaux sur le titre de la page, code couleurs, tailles de corps différentes, etc. ;
    • des numéros : titre de chapitre numéroté puis parties de chapitres numérotées également ;
    • des titres de rubriques récurrents : une partie « Découverte » par exemple pouvant s’appeler « Je découvre », etc.
  • Par ailleurs, quelle que soit la matière, le chapitre sera construit sur un même modèle, avec :
    • une introduction : une activité de découverte, une rubrique d’information ou de définition, etc. ;
    • une partie de cours  ;
    • une partie d’exercices (en science, la méthode inductive structure le chapitre en commençant par un exercice) ;
    • une partie de révisions ;
    • une partie d’évaluation ;
    • une partie d’activités complémentaires.
       
  • Les manuels sont construits soit comme des supports et guides de cours, soit comme des catalogues raisonnés de ressources pour la classe.

Le « manuel-guide »

  • S’ils servent de supports et de guides de cours, les manuels sont utilisés de manière suivie, linéaire, et complète. Les chapitres ont donc une structure très ordonnée que le professeur va suivre intégralement : il commence en haut de la page N et finit son cours en bas de la page N + 1 ; il aura fait lire le cours, fait réaliser chaque exercice et fait regarder chaque image par les élèves.
  • Dans ce cas, la proportion de cours, d’exercices et d’activités complémentaires dans chaque chapitre est fonction du volume horaire du programme et correspond à ce qui peut être accompli en une heure, deux heures de cours ou en quelques séances. Ces manuels sont très directifs, puisqu’il faut les suivre sans déroger au déroulé de chaque chapitre.
     
  • On reconnaît de tels manuels au fait qu’ils sont en général moins volumineux et que la structure de chaque chapitre est linéaire. Après un bandeau du titre du chapitre en haut de page, les rubriques (découverte, cours, exercices…) s’enchaînent sur une même page. Les pages montrées en exemple dans cette séquence sont extraites d’un manuel construit sur ce modèle.
     

Le « manuel-catalogue »

  • Si le manuel est une base de ressources, le professeur pioche ce qui l’intéresse et ne traite pas tout ce qu’il contient. La forme est alors plus libre et les manuels sont en général plus volumineux car plus fournis. Là où un cours d’histoire va proposer, dans le premier cas, une seule image à découvrir, ce type de manuels présentera trois ou quatre images en regard du cours, pour offrir la possibilité au professeur de choisir, selon sa convenance, une image à étudier, à l’exclusion des autres.
     
  • Les manuels construits selon cet usage sont aussi composés de chapitres très structurés, mais plus fournis. En règle générale, chaque rubrique (cours, exercices, activités, révisions, etc.) correspond à une page ou à une double page différente et le nom de la rubrique apparaît « en onglet » dans les coins supérieurs des pages, ou bien encore « en bandeau ».
  • En général, les manuels-catalogues apparaissent dans les classes supérieures, au lycée. Si le manuel est une commande par appel d’offres - surtout pour le primaire - il sera construit a priori plutôt sur le modèle du manuel-guide.

Chapitre de science, chapitre de science humaine

  • Quand on entre plus avant dans le contenu d’un chapitre, il faut distinguer les manuels de mathématiques, de physique, de chimie et de biologie de ceux d’histoire, de géographie, de français, de philosophie, d’économie, d’éducation civique et de langues étrangères.
  • Le chapitre d’un manuel de science humaine sera conçu sur le modèle suivant (certaines de ces rubriques peuvent être absentes, surtout dans les petites classes) :
    • une définition, une image de découverte, etc. ;
    • un texte (de français, de philosophie, un cours d’histoire…), souvent accompagné d’une image illustrative (choisie pour animer la page) ;
    •  des questions ;
    • des exercices ;
    • une révision ;
    • une évaluation ;
    • des activités complémentaires (applications / exercices d’intégration, activités ludiques / jeux, bilan, etc.).
       
  • Voici un chapitre d’un manuel de français pour une petite classe (modèle « manuel-guide » de science humaine) :
     
    • Cours et exercices (dans les petites classes, le cours est en fait un simple énoncé illustré comme ici) :
    • Révision / évaluation :
    • Activité complémentaire :

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  •  Un chapitre de manuel de science sera construit sur ce modèle (certaines rubriques peuvent être absentes, surtout dans les petites classes) :
    • une activité de découverte ou de compréhension d’un phénomène ;
    • un texte de cours exploitant le phénomène étudié ;
    • des exercices d’application ;
    • une révision ;
    • une évaluation ;
    • des activités complémentaires (applications / exercices d’intégration, activités ludiques / jeux, bilan…).
  • En science, les images sont le support même de l’apprentissage (photo d’une expérience par exemple, planche anatomique, schéma de géométrie, etc.). Elles sont donc à des places déterminées dans la page, et de grand format afin d’être lisibles. De ce fait, les manuels de science sont en général plus larges que les manuels de sciences humaines, ce qui permet d’avoir sur une même ligne plusieurs images, sans que la marge soit trop réduite, et de conserver de la souplesse dans la mise en pages.
  • À ces rubriques récurrentes, constitutives du chapitre, s’ajoutent des rubriques mobiles et / ou non récurrentes : une définition, du vocabulaire, un lexique, une rubrique d’information complémentaire, une rubrique « Attention » ou « Astuces », une rubrique de suggestion de lecture, etc. Ces rubriques sont différenciées visuellement du reste par des fonds de couleur ou des encadrés.

Les manuels de langue

  • Les manuels de langue suivent soit le modèle des sciences, soit le modèle des sciences humaines.
  •  S’il s’agit d’un manuel de civilisation, les chapitres débuteront par des textes littéraires, des articles de journaux, etc. ; le modèle sera celui des sciences humaines.
  • S’il s’agit d’un manuel de grammaire et de vocabulaire, on commencera le cours par un exercice et le modèle adopté sera celui des sciences.

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Séquence 5 : le livre du professeur

  • Le manuel est accompagné d’un livre du professeur, ou guide du maître. Celui-ci est comparable à un « mode d’emploi » du manuel. Il décrit avec précision au professeur :
    • comment les directives du programme (notamment en termes de pédagogie) sont appliquées dans le manuel ;
    • comment est structuré le manuel ;
    • comment est structuré chaque chapitre ;
    • comment se servir du manuel : le livre du professeur détaille avec une grande précision comment transformer en activité de classe les éléments du manuel et décrit comment traiter les cours et les exercices, ainsi que les autres parties du manuel ;
    • comment corriger les exercices (bonnes réponses aux questions).
  • Parfois, le livre du professeur propose également des activités complémentaires, des documents supplémentaires, qui ne sont pas présents dans le manuel des élèves (par manque de place ou parce qu’ils présentent un intérêt secondaire). Voici quelques exemples de pages de livre du professeur du manuel de français pour la classe de CP des éditions Éburnie, paru en 2006.

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Séquence 4 : un manuel, c’est quoi ?

Un manuel scolaire est un livre particulier

  • Cette particularité correspond à son utilisation : il sert au professeur en classe, pour donner un cours à ses élèves, en fonction d’un programme établi par l’Éducation nationale. Son contenu, son apparence, son format, son épaisseur, les matériaux avec lesquels il est fait sont choisis en tenant compte de cette utilisation particulière.
     
  • En général, les motivations de lecture et les utilisations qui peuvent être faites d’un livre sont très diverses  : on lira un roman pour passer le temps, en vacances pour se divertir, au lit pour s’endormir, à la maison, etc. On lira un roman parce qu’on a entendu parler de l’auteur, parce qu’on aime ce qu’il écrit, parce que le livre est connu, parce qu’on est obligé de le lire pour faire ses devoirs d’école. On le lira aussi bien à 15, 20, 30 ou 80 ans.
  • Au contraire, l’utilisation du manuel scolaire est très précise, y compris dans le temps et dans l’espace. Il répond à un besoin clairement identifié. Il est utilisé en classe, essentiellement ; il s’adresse à une seule tranche d’âge, et ne traite que d’une seule matière.
     
  • Le professeur peut l’utiliser de deux façons différentes pour faire son cours :
    • il se sert du manuel comme un guide de cours, et suit pas à pas son déroulement. En classe, il fait lire la page correspondant au cours du jour, fait observer l’image qui est en marge, fait faire l’exercice en dessous, puis passe à la page suivante - et ainsi de suite. Dans ce cas, c’est le manuel qui « dirige », qui guide le cours et le professeur est l’animateur qui va superviser le bon déroulement de la classe ;
    • il se sert du manuel pour « piocher » des documents, un cours, des exercices à travailler en classe. Le manuel sera alors comparable à une « banque de ressources » diverses (photo, exercice, carte, cours, évaluation, dessin…) qui permet au professeur d’élaborer des activités à faire en classe. Dans ce cas, le manuel « illustre », vient en soutien au cours préparé par le professeur.
       
  • Dans certains pays, la formation des professeurs n’est hélas pas toujours suffisante et le nombre d’élèves par classe est trop élevé. Dans ce contexte, le manuel est un guide du cours en classe. Il est alors d’autant plus important que le manuel respecte le programme, qu’il soit d’une pédagogie adaptée au niveau des élèves et aux conditions de conduite de la classe. Et, si possible, il faut qu’il donne envie d’apprendre !
     
  • Les élèves peuvent, eux aussi, avoir recours à leur manuel de deux façons bien distinctes :
    •  ils s’en servent en classe pour suivre le cours du professeur ;
    • ils le consultent chez eux parce qu’ils ont des exercices à faire, parce qu’ils ont besoin de réviser, ou encore parce qu’ils ont une recherche, un dossier, une activité à réaliser en devoir à la maison (le manuel tenant alors lieu de banque de ressources). En général, la deuxième utilisation (à la maison) est de plus en plus importante au fur et à mesure que l’enfant avance dans sa scolarité. Au lycée, le manuel peut devenir un véritable outil de révision et de ressources documentaires.
       

      Le contenu du manuel

       

  • L’ensemble des pages montrées comme exemples sont tirées du manuel de lecture pour le CP publié par les éditions Éburnie en 2006 en Côte-d’Ivoire. Nous remercions chaleureusement Éburnie pour avoir accepté que son travail vienne en illustration de ce cours.
  • La page 1 est la page de titre, elle comprend la matière, la classe et le nom de la collection s’il y a lieu, parfois le nom des auteurs, le nom de l’éditeur, de la collection. Est mentionné également le ministère de l’Éducation nationale si le livre est créé en collaboration avec celui-ci.

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  • La page 2 est une page « d’ours » ou de copyright, avec les noms des différents intervenants, des auteurs, et la date. Pour des questions de droits, il est important de mentionner les auteurs ainsi que le copyright de l’éditeur. Selon le contrat d’édition standard, l’éditeur doit faire figurer dans le manuel le nom des auteurs. En pratique, tout le monde ne respecte pas cette obligation, surtout quand les auteurs sont des fonctionnaires et ont rédigé l’ouvrage en tant que tels.
  • Parfois apparaît en page 3 un avant-propos constitué d’un court texte des auteurs ou de l’éditeur concernant le programme et l’utilisation du manuel, à l’adresse du professeur.
  • Suit un sommaire détaillé avec les titres des parties et des chapitres. Dans un manuel, le sommaire est un véritable outil. Il y est donc particulièrement détaillé et soigné. On y voit la progression des séances tout au long de l’année, d’un seul coup d’œil. Au collège et surtout au lycée, il permet de se retrouver très rapidement au sein d’un ouvrage - parfois complexe et imposant.

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  • Le manuel se compose ensuite d’un nombre défini de chapitres qui correspondent aux thèmes du programme à couvrir en une année scolaire. L’unité de base d’un manuel est donc le chapitre. Les chapitres ont une structure identique tout au long du manuel. C’est en séquence 6 que nous verrons en détail la composition d’un chapitre.
  • Le manuel peut contenir également des parties, qui rassemblent sous le même thème plusieurs chapitres et sont aussi présentes dans le programme. Elles « scandent » le manuel et peuvent compter entre une et six pages.
  • Viennent ensuite les pages périphériques. Cette partie du manuel s’étoffe au fur et à mesure que le manuel concerne une classe plus élevée. Elle comprend, selon les cas (classe, matière, etc.) des compléments pédagogiques, des activités supplémentaires, une table des matières, un index, un glossaire, etc.

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L’aspect physique du manuel

  • La couverture d’un manuel ne présente pas, comme on le voit, de titre accrocheur ou fantaisiste. Elle fournit les informations à repérer immédiatement pour utiliser le manuel.

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  • Le manuel est un outil qui doit être manipulable et qui doit s’user le moins possible ; il est donc broché, cousu et doté d’une couverture rigide.
  • Comme il s’adresse à des élèves jeunes et qu’il dispense des savoirs et des savoir-faire, il a recours au visuel, à l’image ; à cette fin, il est :
    • souvent imprimé en couleurs (au moins deux) ;
    • dans un format plus grand que la moyenne des livres (des images et des textes sont mis en relation dans un manuel, ils doivent être visibles en même temps) ;
    • imprimé sur un papier le plus opaque possible pour que les images ne se voient pas par transparence.
  • À l’intérieur, le contenu affiche une structure très clairement visible, grâce à des titres et à des numéros voyants ; le numéro de page apparaît, afin que l’on se repère facilement.

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  • Bien entendu, pour des raisons d’économie, on pourra trouver des manuels scolaires en piqué, imprimé en noir et blanc, avec une couverture souple, de petit format, etc.

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  • Quels que soient le budget et les contraintes qui en découlent, il faut porter une grande attention à l’aspect visuel d’un manuel scolaire. Un bon manuel propose de bons exercices et de bons cours, mais :
    • si le papier est trop fin (transparence) ou rend le texte difficile à lire parce qu’il s’imprime mal (le papier peut « boire » la couleur comme un buvard) ;
    • s’il y a des taches ;
    • si les marges ne sont pas assez grandes et si la page n’est pas assez aérée ;
    • si la taille des polices se révèle trop petite, si le texte est difficile à lire ;
    • si la mise en pages est trop tassée ;
    • si les images sont de mauvaise qualité ;
    • si les couleurs ne sont pas harmonieuses ou n’attirent pas l’œil,
    • si la hiérarchie des éléments n’est pas claire...
  • ...alors les qualités du contenu ne seront pas visibles et la transmission se fera mal.
  • On peut penser que l’aspect visuel est superficiel par rapport à la qualité du contenu. Dans le manuel scolaire, il n’en est rien : l’attractivité des pages et la lisibilité du texte comme des images jouent un rôle primordial dans la transmission et font partie intégrante de la qualité de la pédagogie d’enseignement. Si on n’a pas envie d’ouvrir un manuel ou si on a du mal à lire ce qu’il y a dedans, on n’apprend guère - voire pas du tout.

Nous remercions chaleureusement les éditions Éburnie et Edilis (Côte d’Ivoire) pour avoir accepté que leur travail vienne en illustration de ce cours.

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Séquence 3 : le calendrier et les interventions

  • Entre l’arrivée du nouveau programme (établi par le ministère de l’Éducation nationale) et la livraison des manuels dans les classes ou dans les points de vente, on peut distinguer quatre différentes étapes.

La conception

  • Un nouveau programme est sorti. Il faut alors :
    • concevoir le projet éditorial de manuel.
    • former les équipes.
    • calculer le coût du projet, en faisant un compte d’exploitation prévisionnel.
    • s’assurer de disposer des ressources suffisantes ou rechercher des financements
    • établir les divers contrats et demander des devis (avec les auteurs, avec les prestataires, etc.).
    • tester le concept (le projet) du manuel et en tester un prototype auprès de professeurs ou même en classe.
  • Parfois, le manuel est réalisé dans le cadre d’un appel d’offres ; il est alors nécessaire de constituer un dossier pour soumissionner. Celui-ci comprend une présentation détaillée de l’ouvrage, avec un chapitre servant d’exemple. Voir pour cela la fiche pratique intitulée Comment répondre à un appel d’offres en scolaire ?

Le suivi éditorial

  • Les équipes constituées se mettent au travail avec les documents élaborés au cours de la conception du manuel, notamment la charte éditoriale, ou cahier des charges.
  • Lorsque les auteurs ont rédigé leur manuscrit, celui-ci passe par de multiples transformations avant de devenir le contenu final du manuel.
  • En parallèle, il faut préparer la fabrication (choix du papier, de l’imprimeur) et la commercialisation (préparation des listes des établissements et de documents commerciaux).

L’impression

  • C’est la partie industrielle de la publication d’un manuel.
  • Quand c’est possible, il est préférable que le responsable d’édition aille suivre chez l’imprimeur le calage, c’est-à-dire les divers essais de réglages (notamment de proportion de couleurs) sur les machines.

La vente

  • La commercialisation recouvre plusieurs activités : la promotion, la présentation des ouvrages par des délégués pédagogiques dans les établissements ou par des représentants dans les librairies et la prise de commandes (l’ensemble s’appelle la diffusion), la distribution.

Interventions nécessaires pour la publication d’un manuel scolaire

  • Le calendrier idéal pour accomplir l’ensemble de ces tâches est de quatorze mois (voir le détail du calendrier présenté dans le graphique ci-dessous). En pratique, l’éditeur ne dispose jamais d’autant de temps, car il faut que les livres soient dans les classes à la rentrée scolaire. On peut même parfois être obligé de faire l’ensemble du travail en cinq mois ! Autant dire qu’une préparation en amont de la réalisation du manuel, avant même d’avoir le programme ou l’appel d’offres, est essentielle. Le graphique suivant liste, étape après étape, les interventions, secteur par secteur, qui sont nécessaires pour livrer un manuel scolaire dans les classes. Pour une liste complète des différents intervenants, voir le schéma de la séquence précédente (séquence 2).

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Séquence 2 : l’équipe d’un manuel scolaire

 

  • Les intervenants sont les mêmes que pour d’autres publications, mais sont plus nombreux. Pour publier un manuel scolaire, on fait appel en effet à beaucoup de métiers différents.
  • L’éditeur - qu’il soit le directeur de la maison d’édition ou le responsable éditorial, voire les deux à la fois - est le chef d’orchestre de la publication. Toutes les décisions importantes relèvent de sa responsabilité.
  • En dessous de lui, l’assistant éditorial est celui qui met en œuvre et qui assure le suivi du projet ; il supervise le travail des personnes qui interviennent sur le contenu et la forme de l’ouvrage (auteurs, maquettiste, correcteur, dessinateur, etc.). Le travail de l’assistant éditorial s’appuie sur la charte éditoriale et la charte graphique qui auront été définies au préalable.
     

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  • Sous chacun des services figurent les intervenants extérieurs (fournisseurs, prestataires, free lance, etc.) avec lesquels travaillent ces services. Les cartouches plus clairs représentent des intervenants qui ne sont pas systématiquement présents dans l’équipe d’un manuel.
     
  • Il arrive régulièrement qu’une même personne remplisse plusieurs fonctions, c’est même la règle dans les petites structures éditoriales.
  • Nota bene : les différentes activités que recouvre la publication d’un ouvrage et leur répartition par intervenant sont détaillées dans les modules correspondants.

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Séquence 1 : acteurs et procédures

Tout un programme

  • L’Éducation nationale rédige un curriculum dans lequel figure un programme d’étude. Le programme est un document établi par des universitaires pour une discipline, pour une ou plusieurs classes. Il liste les sujets à étudier, les objectifs à atteindre en termes de savoir et de savoir-faire ainsi que la manière d’enseigner - c’est-à-dire la pédagogie à adopter. Il définit également un volume horaire, la fréquence et le mode d’évaluation des acquis. C’est en fait un document qui décrit en détail tout ce qui doit se passer en cours : de quoi parle la classe, quelles sont ses activités, pendant combien de temps. En Afrique, les équipes ministérielles ont été généralement guidées par des universitaires étrangers pour rédiger les programmes (des équipes canadiennes par exemple dans certains pays).
  • Depuis 1995, les pays d’Afrique subsaharienne réforment leurs systèmes éducatifs ; les curricula passent peu à peu d’une pédagogie traditionnelle d’acquisition de savoirs académiques à une approche par compétences (APC), qui privilégie l’apprentissage de capacités et de savoir-être (« life skills »), visant à une meilleure insertion des élèves dans la vie économique. Cette nouvelle pédagogie, d’origine canadienne, demande une participation active des élèves.
  • Depuis quelques années, l’APC est adaptée et se met en place une pédagogie de l’intégration, ou approche par compétences de base : les programmes définissent « des familles de situations » à partir desquelles l’enseignement participatif est assuré. Cette pédagogie comprend une activité d’intégration de l’apprentissage (exercice reprenant ce qui a été fait).

Les procédures actuelles d’approvisionnement en manuels scolaires

  • Aujourd’hui, dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les manuels scolaires sont de plus en plus fréquemment édités, imprimés et distribués par des éditeurs privés. L’État élabore et diffuse un programme et lance un appel d’offres pour commander des manuels dans la cadre de la gratuité de l’enseignement fondamental (primaire, sixième et cinquième). Il instaure par ailleurs une politique d’agréments, en fin de collège et au lycée, pour autoriser la commercialisation d’ouvrages figurant sur une liste de livres au programme.
  • Les modalités des agréments et des appels d’offres varient selon les pays ; dans certains cas le contenu des manuels est conçu par une équipe de rédacteurs du ministère (comme en Côte d’Ivoire), dans d’autres deux ou trois manuels sont agréés après avoir été rédigés, édités et imprimés (comme au Cameroun). Dans d’autres cas enfin, l’État peut acquérir ou inscrire sur sa liste des manuels scolaires d’autres pays.
  • Dans tous les cas de figure, il est évident qu’un éditeur ayant une tradition d’édition, un réseau de distribution, et une puissance financière de dimension internationale a bien souvent la faveur des commandes publiques ; cela explique la présence des grands groupes éditoriaux français et québécois sur ce marché en Afrique francophone par exemple. Néanmoins, de nombreux États africains réfléchissent aujourd’hui à favoriser, dans leurs appels d’offre, des éditeurs locaux. Pour l’éditeur désireux de s’engager dans cette production rémunératrice, un bon point de départ peut être la publication d’ouvrages parascolaires. C’est une entrée intéressante dans ce secteur : elle donne une expérience et rend crédible la soumission (participation à un appel d’offres).

L’univers du scolaire : une communication étroite entre le secteur public et le secteur privé

  • Historiquement, les manuels scolaires ont été produits sous le contrôle de l’État dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne. Dans les années 1960-1970, les ministères de l’Éducation nationale ont élaboré des programmes scolaires mais ont aussi commencé à produire eux-mêmes des contenus. Parfois, ils ont même dirigé l’édition, puis l’impression et la distribution des ouvrages, en constituant dans certains pays de véritables centres de production de manuels scolaires. Quelquefois, les ministères ont choisi de déléguer ce travail à un éditeur étranger - français ou québécois en Afrique subsaharienne. Comme il n’était pas possible, pour des questions de ressources humaines et de moyens financiers, de prendre en charge l’approvisionnement en manuels scolaires pour toutes les matières et toutes les classes, l’achat d’ouvrages d’éditeurs étrangers a été largement pratiqué.
  • Dans les années 1990, une vague d’ajustements structurels a conduit à la privatisation des organes de production de manuels scolaires - jusqu’ici contrôlés par l’État. En Côte-d’Ivoire par exemple, le Centre d’édition et de diffusion africain a été privatisé en 1992. Cela allait de pair avec la fin des monopoles sur les marchés scolaires des structures de production, qu’elles soient publiques ou privées. L’Éducation nationale a continué à rédiger des programmes, et parfois également le contenu des manuels - l’édition et l’impression étant alors prises en charge par des éditeurs privés, en général étrangers. L’Éducation nationale a développé une politique d’agrément, c’est-à-dire qu’elle a choisi les livres qui pouvaient figurer sur les listes d’ouvrages au programme. La distribution des manuels pouvaient parfois être assurée par l’État, si ce dernier achetait des ouvrages à un éditeur, dans une procédure d’appels d’offres.
  • En parallèle, en 2000, à Dakar, les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ont été fixés par la communauté internationale ; deux concernaient l’éducation : il s’agissait « d’universaliser » l’enseignement primaire et de promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, en particulier par le biais de l’éducation. Les OMD ont servi de cadre à des programmes d’aide internationale visant la mise en place d’un enseignement fondamental dans tous les pays.

Éditer, c’est créer : le manuel scolaire, « miroir » du programme scolaire

  • Le manuel scolaire est une interprétation du programme en une forme pédagogique utilisable en classe : là où le programme prescrit d’exercer les élèves à une activité manuelle faisant appel à des outils comme la règle et le compas, le manuel va proposer une activité de construction d’un bateau en papier ; là où le programme demande de vérifier les acquis des élèves, le manuel présente un exercice d’intégration, etc.
  • Le manuel est donc étroitement lié au programme, mais il est très différent de lui : c’est une création à partir du programme, le résultat d’un travail de conception qui est l’édition proprement dite du manuel.
  • L’édition d’un manuel recouvre différentes activités : concevoir un projet et le tester ; en analyser les coûts et prévoir un financement ; sélectionner une équipe d’auteurs et de professionnels (graphiste, imprimeur…) ; valider les maquettes ; établir chartes (ou cahiers des charge) et planning ; établir des contrats ; respecter un budget ; assurer le suivi éditorial.
  • Le suivi éditorial recouvre les activités de : réception et adaptation de manuscrits ; la sélection des images ; la préparation de copies ; la relecture et la correction d’épreuves ; la relation avec les différents intervenants (maquettistes, auteurs, correcteurs, etc.).
  • La publication recouvre le fait d’éditer, puis de (faire) imprimer, de promouvoir, de diffuser et de distribuer un ouvrage. Le terme « édition » est là encore fréquemment employé pour désigner la publication. Quoi qu’il en soit, être éditeur, c’est assumer le risque éditorial (et financier) qui va de pair avec toute publication.
  • Dans le cas d’un manuel scolaire, l’édition se fait en conformité avec le programme et en veillant attentivement à l’utilisation qui sera faite de l’ouvrage. Ainsi, deux étapes spécifiques sont à prendre en compte. L’étape de discussion avec le ministère : elle intervient soit au cours de l’édition pour valider les contenus au fur et à mesure (dans le cas d’une commande de l’État par un appel d’offres), soit à la fin de l’édition, sous la forme d’une demande d’agrément, une fois le contenu édité (mais avant l’impression). Parfois, une demande d’agrément peut même concerner des livres existants et déjà en circulation. L’étape du test du manuel en classe ou auprès d’enseignants : que ce soit le ministère qui le demande à la suite d’une commande de manuels qu’il a passée ou que ce soit un choix de l’éditeur, il est nécessaire de tester en classe le manuel au cours de son édition, ou au minimum d’en montrer quelques éléments (un sommaire, un chapitre…) à des professeurs pour en valider la forme et la pédagogie.

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  • La diffusion est l’activité commerciale qui consiste à annoncer l’existence de l’ouvrage aux détaillants et à prendre leurs commandes ; elle se matérialise par la tournée des représentants dans les points de vente. La distribution est l’acheminement proprement dit des ouvrages aux clients, c’est la circulation physique du livre. Les deux sont également spécifiques dans le secteur scolaire.
  • Les modes d’approvisionnement diffèrent selon qu’il s’agit d’un appel d’offres, d’un agrément ou d’une libéralisation totale du marché. Si l’État a passé commande d’un certain nombre de manuels par appel d’offres, il demande le plus souvent qu’ils soient livrés dans les écoles ; l’éditeur se charge donc lui-même de la distribution. Dans ces cas-là, il n’y a pas à proprement parler de diffusion.
  • Si l’État adopte une politique d’agrément, il choisit simplement les livres parmi ceux qui lui sont présentés par les éditeurs et en fait figurer un certain nombre sur la liste des ouvrages au programme. C’est aux élèves et parents d’élèves d’aller les acheter et la diffusion est alors faite auprès des différents points de vente du livre. Si un système libéral et décentralisé a été mis en place (politique d’achat des ouvrages par les collectivités), les éditeurs présentent leurs manuels aux établissements et reçoivent les commandes de ceux-ci et non plus de l’État central. Là non plus, il n’y a pas de diffusion à proprement parler, mais un travail de présentation des manuels auprès des établissements scolaires assuré par des « délégués pédagogiques ». On peut observer des systèmes qui mixent ces possibilités : politique d’agrément et achat centralisé par exemple.

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Quels sont les résultats attendus ?

Lorsque l’ensemble des étapes de la formation en ligne ont été intégrées :

  • vous possédez une vision d’ensemble du calendrier, des interventions et des intervenants, de la conception du projet à l’arrivée du manuel dans la classe ;
  • vous connaissez les actions les plus importantes à accomplir par l’éditeur et par les autres intervenants et savez comment les réussir ;
  • vous êtes conscient des difficultés à vaincre et des contraintes à respecter ;
  • vous avez à disposition des outils et des exemples pratiques ;
  • vous savez comment est construit un manuel, de quoi il se compose et à quoi il sert ;
  • vous savez dans quelle organisation votre travail s’intègre et, ainsi, comment le réaliser au mieux.

Nota bene  : un suivi particulier et des extensions spécifiques peuvent être assurés par le biais de l’Alliance internationale des éditeurs indépendants. N’hésitez pas à nous contacter.

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Une formation conçue pour l’Alliance internationale des éditeurs indépendants par Scolibris Livre solidaire

Cette formation a été commandée par l’Alliance internationale des éditeurs indépendants à ScoLibris Livre solidaire.

Stéphane Marill - fondatrice de ScoLibris et responsable des formations - a développé ce cours tout spécialement pour l’Alliance, riche de son expérience dans l’édition scolaire française. Ayant travaillé cinq ans au sein d’une maison d’édition de petite taille comme responsable éditoriale, elle a en effet acquis une solide connaissance des contraintes des petites maisons d’édition dans l’univers du scolaire, où les grands groupes internationaux sont omniprésents. Elle connaît les moyens de se faire une place sur ce marché, qui représente un potentiel de ventes incomparablement supérieur à ceux des autres secteurs de l’édition en Afrique subsaharienne. Stéphane Marill a par ailleurs suivi un cursus spécifique axé sur les méthodes de transmission des savoirs et sur la formation. Elle livre dans cette formation en ligne aussi bien ses outils que les procédures et méthodes qu’elle a suivies en tant qu’éditrice de manuels scolaires.

L’espace formation de l’Alliance a été développé sous SPIP par Syllène.

L’éditing des textes a été réalisé par ( : ? ! ; ) D O U B L E P O N C T U A T I O N

Scolibris

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Quels sont les objectifs de cette formation ?

  • Cette formation présente les étapes de la réalisation d’un manuel et de son livre du professeur. Dans un premier temps, elle a pour objectif de permettre aux utilisateurs de se familiariser avec l’univers du scolaire : ses acteurs, ses procédures, son calendrier. Ensuite elle accorde une attention particulière à la phase préliminaire de la publication d’un manuel : la conception d’un projet, la sélection des auteurs et le travail avec eux, la construction d’un cahier des charges.
  • Elle permet ainsi de répertorier et de mémoriser les actions à mener dans l’ensemble de la chaîne du livre scolaire, et fournit particulièrement des informations, des conseils et des outils pour savoir organiser l’édition d’un manuel, notamment avec les auteurs, et savoir travailler les manuscrits.
  • Son objectif est donc double : synthétiser les savoirs et développer les savoir-faire éditoriaux, pour une pratique éclairée et efficace dans le domaine du manuel scolaire.

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Comment utiliser la formation ?

Cette formation en ligne propose :

  • une présentation, étape par étape, de la création d’un manuel scolaire, du point de départ (recherche de financement et réponse à un appel d’offres s’il y a lieu) à l’arrivée dans les classes des manuels ;
  • une démarche logique, permettant d’intégrer les principales étapes de la publication et les principaux facteurs clés de succès ;
  • des outils et des exemples pratiques.

Elle développe 4 modules, divisés en 14 séquences, qui ont été conçues :

  • de manière à pouvoir être utilisées indépendamment les unes des autres ;
  • de façon à faciliter l’acquisition d’une vision synthétique précise et documentée de la publication de manuels ;
  • pour vous permettre d’établir un calendrier de publication, de choisir un concept de manuel, d’établir un cahier des charges ;
  • pour vous aider à choisir et travailler avec les auteurs et le directeur d’ouvrage ;
  • pour assurer au mieux le suivi éditorial, reprendre et faire illustrer des manuscrits, travailler à la structure d’un chapitre, ou suivre le travail de correction.

Nota bene : si les séquences peuvent être lues séparément, elles ont également été élaborées selon le plan d’une véritable formation en ligne, que vous pouvez suivre pas à pas. Cette utilisation est particulièrement conseillée pour les professionnels et auteurs qui n’ont encore jamais travaillé sur un manuel scolaire.

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